#43. Le Piton tes Neiches

Et voilà. ça y est. Je l’ai fait. J’en suis revenue. J’ai survécu. Et en plus, j’ai grave kiffé ! Je ne me prive donc pas de m’en vanter : dimanche 29 avril, je suis allée au sommet du Piton des Neiges ! Pour tout vous dire, c’était mon objectif 2017, mais je l’ai repoussé, repoussé, et pof, nous voilà en 2018. Je m’en étais fait une idée de la rando infaisable, longue, physiquement difficile, mentalement affreuse.

Everest

Et j’ai fini par me dire qu’il fallait bien un jour que je gravisse ce foutu Piton.

Au casting, j’appelle Pierrence, Elise, et mon Marcelou ❤ Tim n’a pas souhaité prendre part à l’aventure : il y était déjà monté récemment et avait pas passé un super moment. En même temps, si je puis me permettre, monter environ 6 heures, de nuit et sans dormir, c’était bien ce qu’on appelle une idée pourrie ? On est d’accord ?

Vous l’aurez compris, nous, on a pas fait comme ça. Que je vous explique un peu le programme ! Il existe en gros trois itinéraires pour se rendre au sommet du Piton des Neiges, et nous avons choisi le plus court en terme de temps, et qui est donc le plus raide : en partant du Bloc, c’est-à-dire du cirque de Cilaos. Nous avons grimpé une première grosse partie du massif dans l’après-midi, du Bloc jusqu’au fameux gîte de la Caverne Dufour, le seul dans les environs. Le lendemain, il nous a resté « que » deux heures de montée pour atteindre le point culminant de notre chère île. Et puis, fatalement, on a tout redescendu ensuite pour rejoindre la voiture !

Parlons chiffres :
_ Jour 1 : du Bloc au gîte, on passe de 1400 à 2500 mètres d’altitude. On se prend donc 1100 mètres de D+ dans les dents.
_ Jour 2 : du gîte au sommet, presque 600 mètres à monter, puis… 1700 mètres à descendre.

Allez, c’est pas tout ça mais on a une montagne à escalader. Le départ est bien tardif : Marcel travaillait une grosse matinée, et comme d’habitude, on met trois plombes à se préparer. On arrive enfin à ce que tout le monde soit dans la voiture avec ses affaires, et c’est le top départ !

IMG_20180428_130957 copie.jpg en voiture
J’adore cette photo.

La route est parfois un peu compliquée : les multiples cyclones et tempête de début d’année ont bien amoché la route qui mènent à Cilaos. La vallée est donc ponctuée de nombreux travaux pour reconstruire les routes détruites. Notamment, un super pont large comme une voiture a été construit rapidement, sauf qu’on ne peut passer qu’à une voiture à la fois ! Pratique.

Le temps est superbe, et avec Pierre, on commence sérieusement à s’inquiéter du mur qui nous fait face et que nous avons décidé d’escalader ! Mais sinon, l’ambiance dans la voiture est géniale et annonce un week-end exceptionnel.

Titre de la musique: Gypsy Cab
Auteur: Peter Lund
Source: http://www.petelund.net/
Licence: http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/deed.fr
Téléchargement (5MB): https://www.auboutdufil.com/index.php?id=463

Pause pipi à Cilaos, et nous n’avons plus qu’une dizaine de minutes de route à peine avant de se garer à ce fameux Bloc. Je connais bien l’endroit, je m’y suis rendue un paquet de fois pour encourager Marcel à diverses courses : la Cimasa, le Cross du Piton des Neiges, le semi-trail de Cilaos… Cette venue est donc très différente des autres : je ne vais pas broder dans un coin en attendant de faire pouet pouet, mais bien faire cette ascension à mon tour.

IMG_4648 copie.JPG pancarte
Go go GOOO !

Contre toute attente, la montée est… facile. Ouais. Bon OK, j’avais l’avantage majeur que… (j’ai un peu honte de vous avouer ça) … que Marcel porte mes affaires, mais sachez que je n’ai rien demandé, moi. Il s’est porté volontaire de son plein gré, alors je n’ai pas pu lui refuser cet honneur. En plus, ça contribue à son entraînement de warrior du Grand Raid. Je ne porte donc qu’un tout petit sac qui ne contient pas grand chose d’autre que ma poche à eau, et je grimpe avec des bâtons de marche. Je n’en avais jamais utilisé jusque là, mais j’ai vu tellement de critiques positives sur la randonnée avec bâtons que j’ai voulu essayer. Et j’ai vraiment bien aimé, j’ai effectivement senti que mes genoux prenaient moins cher que sans bâtons. Et c’est rassurant d’avoir quatre appuis plutôt que deux. Bref, on s’en fout en fait, passons aux photos et aux beaux panoramas !

Il commence à faire frisquet ! On ajoute quelques couches à nos tenues quand nous arrivons enfin au col ! Et j’ai le plaisir de découvrir le si connu gîte de la Caverne Dufour. /!\ Buzz /!\ Nous n’avons mis que 3 heures entre le Bloc et le gîte, alors que je pensais mettre plus de 4 heures. Ô joie 🙂

La réputation de ce gîte, ou plutôt refuge d’ailleurs, le précède : le personnel est désagréable, on mange mal, on doit se laver avec un filet d’eau gelée, et c’est sale. Un vrai attrape-touristes qui profite de l’absence de concurrence ! J’ai tellement entendu de mal de cet endroit que je me suis préparée au pire.

Eh ben j’ai trouvé que ça allait, en fait. Je n’ai pas rencontré le personnel, donc ça c’est plié. A part le rhum arrangé chimique et une vieille compote en dessert, j’ai vraiment aimé le repas. On pouvait prendre – et reprendre – deux plats différents : carry coq et carry poisson. On a été logé dans un genre de bungalow/tente en dur que j’ai trouvé sympa et pas spécialement dégueu, en veillant naturellement à ne pas trop interagir avec les couvertures fournies. Et puis pour se laver, ce n’était effectivement pas terrible mais bon, on était prévenus 🙂

Avant de filer au « lit » pour quelques heures de sommeil, nous profitons de la nuit tombée pour admirer… l’éruption du Piton de la Fournaise ! Quel moment exceptionnel ! Nous avions tous cet espoir avant l’ascension et notre souhait est exaucé. A ce moment-là, j’ai donc assisté à deux éruptions de près (c’est-à-dire du hauts des rempart du Piton de la Fournaise) et une éruption depuis le Piton des Neiges. C’est fou, non ?

Je précise « à ce moment-là », parce que je suis effectivement depuis allée voir de près cette éruption 😀 Quelle vie on mène !

Allez, je vous retrouve dans quelques heures pour un fin d’ascension de nuit !


3h30 : il est temps d’attaquer le premier petit-déjeuner constitué de pains au lait et de délicieux chocolat. On change de tenue, et c’est parti, on s’y remet. Il nous reste environ 2 heures de montée, et tout est calculé pour arriver peu avant le lever du soleil.

L’ambiance est assez particulière car nous sommes des dizaines à grimper : une longue file de petites lumières nous précède, et l’autre nous suit de près.  Au loin, on devine la ville de Saint-Pierre, et on peut toujours admirer les lueurs rougeoyantes de l’éruption en cours. C’est plutôt joli, mais je n’aime pas trop cette partie. A partir du gîte, c’est extrêmement caillouteux et pas évident d’avancer. Beaucoup de pierres roulent sous mes pieds et je me galère un peu avec mes bâtons qui sont bien sûr bien plus faciles à placer sur de la terre. Et j’ai l’impression de ne pas avancer du tout, sans pouvoir voir le gîte s’éloigner et le sommet se rapprocher.

Le jour se lève tout doucement et je m’inquiète d’être trop lente. Pierrence ont tracé leur route dès le début, et je suis contente qu’Elise et Marcel m’attendent un peu 🙂 Je trouve la force d’accélérer le pas vers la fin pour pouvoir admirer le lever du soleil à 3070 mètres d’altitude, et pas un seul de moins.

On y est presque ! Les 100 derniers mètres qui nous séparent de notre destination finale sont en pente très douce et c’est là que nous retrouvons Pierrence. D’ailleurs, Pierre est déçu de voir que la roche volcanique sur laquelle on marche n’est pas du tout coupante et que Chouka aurait donc pu se joindre à l’aventure sans risquer de se blesser les coussinets. Nous avançons tous ensemble vers le fameux panneau, et c’est la victoire ! Je suis vraiment chargée d’émotions à l’idée d’être enfin montée sur le point culminant de mon île d’adoption. Une pensée tristounette pour Titi avec qui j’aurais aimé partager ce moment d’exception, mais il y en a eu et en aura d’autres 🙂 Environ 15 minutes plus tard, le soleil se lève pendant que je prends mon deuxième petit-déjeuner, enveloppée dans mon sac de couchage.

Juste… grandiose. Magique. Un moment fort que je n’oublierai pas ! Je me demandais si on allait être perdu au milieu d’un tapis de nuages qui nous masquerait tout, et non. La visibilité est excellente. Vous avez peut-être vu une espèce de ligne blanchâtre dans les airs sur la vidéo ou quelques photos : il s’agit de particules rejetées par l’éruption.

On commence à pouvoir se réchauffer un tantinet grâce aux rayons du soleil, et heureusement. Il y a un sacré vent là-haut, et on se caille les miches ! Après un peu d’attente, on peut enfin faire des photos avec la fameuse pancarte (curieusement arrachée du sol, mais bon comme ça, on se pose où on veut).

IMG_4799.JPG* à la une
#PitondesNeiges #colocs #friendship #Réunion #love #jekiffemavie

On se bouge ensuite vers l’autre côté du massif pour voir Salazie.

Allez, c’est pas tout ça, mais on va pas y passer la journée : 1700 mètres de hauteur nous séparent de la voiture et de ses sièges chauffants, allons-y !

Si c’est possible, j’aime encore moins redescendre la dernière partie que de la monter. Je suis rassurée avec mes bâtons mais ils me ralentissent, un truc de fou. Très lente, les autres ont du mal à m’attendre ! Je suis donc pas mal seule, et c’est un peu déprimant. J’arrive quand même à profiter du paysage environnant, que je découvre maintenant que le soleil est bien levé.

Nous arrivons au gîte et rejoignons Pierre qui a… environ une heure d’avance sur moi, si je me souviens bien ^^ Vous me voyez venir ? Non ? Une pause s’impose pour inaugurer mon troisième petit déjeuner du jour xD

La redescente jusqu’à la voiture est l’un de mes moments préférés. Marcel me convainc de ne pas marcher comme un escargot avec mes bâtons, mais plutôt de m’en passer et de descendre en courant ! C’est vraiment une super idée, c’est bien plus ludique comme ça, et on va évidemment plus vite. Pierre court avec nous pendant une bonne partie, puis nous largue au loin. Je lui recommande d’être bien prudent – comme une petite maman – et ça n’a pas eu l’effet escompté : quand on retrouve Pierre en bas, il raconte sa chute qui lui vaut bien des bleus et une douleur à l’épaule. Rien de grave toutefois ! Marcel, qui est manifestement en manque de sport, remonte le chemin pour revenir environ 20 minutes plus tard avec Elise et Florence. Oui, je me disais la même chose que vous : il est dingue.

Merci les choupinous pour cette extraordinaire aventure… dans laquelle je me relance demain avec Romille ❤

Delphine

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