#40. 3 courses, 2 chialeries, 1 dégueuli

Quel plaisir de vous retrouver ! 🙂 Bienvenue dans ce billet plutôt sportif et éprouvant !  Il est vrai que je vais parler de moins de kimolètres que Marcel dans son précédent article, mais chacun son style 😉 Au cours de l’année 2017, j’ai participé à trois courses, et j’avais envie de vous raconter comment ça s’était passé. Voici donc pour votre menu du jour trois articles en un : une course à la plaine des Cafres en entrée, une course à Saint-Pierre en plat de résistance et pour finir en beauté, une course à Etang-Salé.

Mon historique de courses n’est pas… ultra fourni, mais j’en suis quand même fière. Je me remémore la triste époque du collège et du lycée où, au moment où le prof annonçait « Endurance » comme sport du trimestre, je regardais sur Amazon quelle corde acheter au meilleur prix pour en finir avec ce genre de conneries. C’est vous dire le chemin que j’ai fait depuis, quand on sait que j’y vais à présent de mon plein gré, et que je paye même pour ça.

Lorsque nous habitions à Strasbourg, j’avais participé à trois courses : les courses de Strasbourg avec la maman de Marcel, les foulées Epfigeoises et la Course des Châteaux d’Ottrott. Mais ça, c’était avant, et ça n’était que 5 kimolètres… Enfin je dis ça, mais j’ai quand même fini ces courses à la limite de l’agonie. Passons aux choses un peu plus sérieuses : mes trois courses suivantes d’environ 10 kimolètres, côté hémisphère sud.


Ma première course réunionnaise a été à l’occasion des Foulées de la Trisomie 21. En toute logique, cette course a eu lieu aux alentours du 21 mars l’année dernière (mars, troisième mois de l’année, trois, tri, trisomie, voilà, c’est ça).

Affiche foulées 2017
Une belle affiche conçue par un grand designer.

Le jour J, on retrouve tout un groupe d’amis, un mélange de connaissances alsaciennes et de nouvelles rencontres : Fégolène, Marc Taquin, Pauline, Max, Céline, Yann, Lucie, Olivier… Et, histoire de commenter la photo suivante, on retrouve aussi plein de gens qu’on ne connaît pas.

Foulées 2
Plein de gens qu’on ne connaît pas.

On papote, et là, c’est le drame. Je comprends que je suis la seule pas trop coureuse à m’être inscrite à la course. Moi qui comptais en particulier sur Fégolène et Pauline pour courir en équipe, ces pleutres ont en fait opté pour la randonnée également organisée en parallèle.

Seule

J’accepte mon destin : je vais devoir gérer mes 10 km seule, et loin de tous. Je m’échauffe : petite foulée, pas chassés, genoux hauts, talons fesses, pas du gendarme. Voilà voilà. Et c’est l’heure du départ ! Le premier kimolètre ne me plaît pas des masses : ya beaucoup trop de bosses et de boue à mon goût. Je me mets même à marcher quelques pas, la lose. Je m’inquiète un peu que ce soit comme ça tout du long, mais en fait pas du tout. Le parcours redevient vite plat, pour mon plus grand soulagement. Le temps est juste magnifique, tout comme le paysage qui ne m’est alors pas encore familier. J’oserais même vous dire que j’ai apprécié la course, notamment grâce aux bonnes musiques de l’Ipod de Marcelou. J’ai beaucoup de mal à courir sans musique. Je m’arrête à un ravito et demande à goûter leur meilleur whisky. Et je continue de tracer ma route.

Un grand merci à Yann qui me prête gracieusement ses belles photos pour illustrer mon article !

Au huitième kimolètre, je me dis qu’il en reste deux. Vous me trouvez perspicace ? Eh bien je ne l’étais en fait absolument pas. A ce moment-là, Marcel a déjà terminé et il vient m’apporter une information des plus précieuses pour finir ma course : celle-ci ne compte au total que 8,9 km. Un mélange de sentiments contradictoires m’envahit : s’arrêter de courir plus tôt que prévu semble souhaitable, mais en même temps, moi je me suis inscrite et j’ai payé pour 10 km. Pas plus, pas moins. Dix, c’était mon défi et je ne l’ai pas eu. Oui, bon on est d’accord, la Terre ne s’arrête pas de tourner, mais je n’ai pas tout à fait eu ce que je voulais ce jour-là. J’accélère donc plus tôt que prévu, et finis triomphalement 113ème sur 131 participants \o/

J’ai été très contente de faire cette course ! Le beau temps, le superbe panorama et ma forme du jour ont contribué à passer un très bon moment… et peut-être encore plus grâce à l’émulation de groupe, un vrai moteur pour se dépasser !

IMG_8277.jpg*** copie
Vous nous manquez, les amis ❤

Notre groupe est super bien représenté sur les « podiums » ! Marcel figure dans le top 10 comme vous avez pu voir sur le classement, et chez les filles, très belles performances pour Céline et Lucie !

Pour conclure cette entrée en la matière, nous pouvons dire que la récompense était affreuse et que je n’ai ni pleuré, ni vomi. On enchaîne.


Ellipse temporelle : nous voilà arrivés comme par enchantement au samedi 9 septembre ! Merde alors, ça en fait un vide sidéral depuis les Foulées de la Trisomie =/ Faut dire que j’avais repéré pas moins de trois courses entre-temps, mais deux d’entre elles ont été annulées, et la troisième avait lieu quand AA était là (articles 24, 25 et 26). Avec notre semaine de trek / randos / levers tôt, la fatigue accumulée jusqu’au samedi ne nous aurait certainement pas permis de faire cette course dans de bonnes conditions. Il s’agissait de la Petite-Iloise, prévue le 12 août. Une dizaine de kimolètres avec un dénivelé qui m’aurait probablement traumatisée. Je n’ai pas trouvé le chiffre exact, mais le paysage assez escarpé de Petite-Ile m’inquiétait un peu.

Bref, nous voilà à Saint-Pierre pour les Foulées du Solida’Run ! C’est une course qui a été organisée par l’Association des Handicapés Physiques du Sud, autrement dit : que l’on soit debout, en fauteuil électrique ou pas, voyant ou pas, on est cordialement invité à participer. C’était une nocturne, apparemment une première pour cette année : départ à 19h00 (eh oui, le soleil est déjà couché chez nous à cette heure-là !) près de la mairie de Saint-Pierre.

Affiche Solida'Run
Mais que fait la police du design ?

Pour être honnête, rien de bien folichon dans ce parcours : un rectangle tout simple, en ville, d’une longueur de 5 km et qu’il faut donc parcourir deux fois pour un total de 10 km. Je n’aimais pas trop cet itinéraire en centre ville ni le fait de faire la même boucle deux fois, mais ça faisait longtemps que je voulais participer à une course, et celle-ci convenait très bien niveau distance à parcourir et était proche de notre chez nous.

Capture d'écran 2017-09-10 12.12.31
Drink, music and love.

Marcel nous fait une marcelade en réalisant sur place, vers 18h20, qu’il n’a pas remis les semelles dans ses baskets après les avoir nettoyées. Héhé, mes baskets à moi sont peut-être dégueulasses, mais au moins, j’ai mes semelles dedans 😀 Paie ton aller-retour en voiture (30/40 minutes) pour aller les chercher, et bye bye l’échauffement digne de ce nom =/

19h00 : c’est le top départ ! Pas très agréable pour moi, c’était un grand flou artistique et je me suis fait bien bousculer. Je cours, je cours, et je me retrouve assez rapidement toute seule avec ma lampe frontale qui s’incruste peu à peu dans ma boîte crânienne. J’ai trop chaud. J’aurais dû mettre un haut sans manches plutôt qu’un t-shirt. La circulation n’est coupée nulle part, je trouve que c’est un peu limite mais bon, les bonshommes postés à chaque intersection font bien leur job. Je vois un premier ravito, et je décide de ne faire qu’un seul arrêt durant ma course : ce sera à cet endroit-là, mais au moment du deuxième tour. La plupart du temps, c’est très calme, alors je mets la musique comme d’habitude pour mieux vivre mon chemin de croix. Heureusement que Marcel m’a prêté sa lampe, ya des lampadaires mais c’est pas folichon. S’ajoute à cela ma myopie, je ne vois pas très bien où je vais. Bref, je suis au top.

Enfin quelques encouragements venant des gens qui font la circulation ! Dommage qu’ils ne s’y mettent pas tous. Les passants m’ignorent le plus souvent, je remercie les quelques uns qui disent bravo, courage, applaudissent. Une dame sort une chaise de jardin, s’installe sur le trottoir et commence à chanter super fort : « Elle est vraimeeent, elle est vraimeeent, elle est vraiment phénoménale-la-la-la-la… » Enfin un peu d’ambiance =) Un peu de baume au coeur en passant près d’un rond-point : une dame joue de l’accordéon diatonique, le même type dont joue mon papa, et c’est même un morceau qu’il joue ! Un gros bisou à mon papa en passant ❤

Oh puta*n ça y est, je finis mon premier tour ! J’arrive, des acclamations, des applaudissements bruyants : la classe ! Je suis boostée.

Wonderwoman

Et j’entends au micro : « Et voilà l’arrivée du quatrième coureur !!! Jacques-Antoine Trucmuche vient de finir sa course ! ». Ah. J’aurais dû m’en douter, il me semblait bien que je m’étais fait doubler par des concurrents d’un plutôt bon niveau. En une trentaine minutes, j’ai donc eu le temps de faire mon premier tour, alors que monsieur Trucmuche a fait ses deux tours. Je me sens tout de suite un peu moins transportée.

Chien

Bon, ben pour ma part je continue hein, je vais quand même pas m’arrêter de courir si vite ! Quel petit joueur, ce Jacques-Antoine.

Ce deuxième tour est une autre paire de manches, c’est clair. On peut faire cuire un oeuf et un steak à point sur mon visage tellement il est brûlant. Un peu de poivre et le tour est joué. Eh oui, vous l’avez compris, ce deuxième tour, c’est le moment où je vais me plaindre de tout ce qui m’a rendu la tâche délicieusement agréable. J’ai cru qu’ils avaient retiré le ravito auquel j’avais choisi de m’arrêter, mais non il est bien là, des milliards d’années lumières plus tard que ce que j’attendais.

C’est ici que je le rencontre. Dans toute soirée, il est là, que ce soit un anniversaire, une crémaillère, une course en ville : le type bien beurré avant tout le monde. Je m’arrête, échange quelques mots avec les deux-trois coureurs en pause. Je prends un verre d’eau, et un rasta man me regarde et me dit : « TOI !!! Eh ben, TOI c’est pareil, bon courage. Franchement, vas-y quoi. Bois de l’eau, mange des vitamines. Ouais. » Tout souriant le gars, tout content de nous encourager. C’est cool. Il m’a donné un conseil supplémentaire pendant que je mangeais un quartier d’orange :

RAsta man

Je lui réponds que je prends bien note de ça, et on s’y remet. La mini pause de moins d’une minute m’a fait du bien, mais je suis quand même essoufflée et je sens que je me tasse de plus en plus. A plusieurs reprises, je me force à me tenir plus droite, à garder une jolie allure légère, bondissante et virevoltante plutôt que bossue, lente, et moche. Je lance quelques phrases en rigolant aux personnes qui gèrent la circulation pour dédramatiser tout ça : « Vous pouvez me dire ce que je suis venue faire là, déjà ? », « J’aurais dû faire comme vous et juste m’occuper de la circulation ! », « Non laissez, c’est pas grave, je veux bien qu’il m’écrase, j’en peux plus. ».

J’ai chaud, je transpire, j’ai soif. J’ai un peu mal à ma hanche droite. Je me remémore les conseils de Marcel pour gérer au mieux ma respiration. Je ne cours jamais sur le bitume, et j’ai d’ailleurs très rapidement senti que ça tapait bien plus que d’habitude sous les pieds, moi qui cours plutôt sur des chemins. Ah, et j’ai toujours le problème de ne pas trop savoir quoi faire avec mes mains. J’avais déjà posé la question à Jean, en lui disant que parfois je les serre à fond, parfois j’écarte les doigts au maximum, sans savoir quoi choisir. J’essaie de suivre son conseil de fermer légèrement la main, comme si je tenais un rouleau de papier qu’il ne faut ni lâcher ni écraser. Et vous, vous faites quoi de vos mains quand vous courez ?

Good question

Je cours pendant quelques instants à côté et à la même vitesse qu’une petite dame dans son fauteuil électrique. Normal, je lui demande de squatter ses genoux pour finir tranquillement, et elle rigole bien. Intérieurement, ça va très mal. Je souffre, j’ai plus envie, les odeurs qui s’échappent des restaurants et des terrasses enfumées m’écoeurent. Je commence à réciter quelques « je vous salue Marie » dans l’espoir de ne pas vomir, phénomène déjà expérimenté en fin de course quand je n’en peux plus #Epfig.

J’en arrive au coeur que j’ai dessiné sur le plan de la course : voilà Marcelou qui trottine vers moi pour m’aider à finir, une fois encore ! Pour éviter de vouloir lui raconter tous mes malheurs, je l’envoie courir quelques mètres devant moi. Je suis certaine qu’il checke la vitesse sur sa montre pour me garder à allure correcte et constante le temps de cet horrible dernier kimolètre ! Je suis également motivée à accélérer sur la fin quand je sens deux personnes qui me rattrapent : oh que non les enfants, pas question de me faire doubler si proche du but !

Doubler

Je passe enfin sous l’arche de l’arrivée, et je me sens un peu perdue. On m’appelle, on me donne une médaille… ma première médaille ! Trop fière, j’ai un petit cordon bleu, blanc et rouge autour du cou avec un magnifique S vert en carton au bout. Un type me parle et je ne comprends rien. Il me parle de mon numéro (il fallait rendre le dossard et c’est au final Marcel qui est venu me le retirer) et me demande si ça va. Je lui ai raconté ma vie : des bons moments, des mauvais. Mais ça va. Je m’éloigne du bruit, et je pleure. Je décompresse. C’était horrible. Je regarde ma montre que j’ai oublié d’arrêter à l’arrivée, et je suis déçue de voir qu’il n’y a plus de batterie, depuis je ne sais pas quand. Je finis fière d’avoir accompli quelque chose de difficile pour moi, et perplexe de ne plus savoir pourquoi je m’inflige des trucs pareils.

En toute humilité, voici le compte-rend de ma course :

Garmin Solida'RunBravo à mon Marcelou qui a fait 40 minutes et 31 secondes, et merci de m’avoir accompagnée à la fin 🙂 Et il manque effectivement un petit bout de course à mes infos Garmin puisque j’ai mis 1 semaine, 14 heures et 27 minutes. Ah non pardon, 1 heure, 14 minutes et 27 secondes !

Cette course m’a fait dépenser 587 kcal (et pas calories, quelle bande de nazes), et je vais me permettre d’arrondir à 590 kcal. Autrement dit, j’ai dépensé en énergie l’équivalent d’un hamburger de chez McDonald’s :

Triple cheeseburger
Oui, moi aussi je me demande comment j’ai pensé à aller chercher ce genre d’informations.

Bilan : j’ai pleuré, mais j’ai pas vomi. Voilà pour le plat de résistance ! Une petite trève de deux mois, et on passe au sucré.


C’est l’heure du dessert pour finir de se régaler (ou pas). On est le 4 novembre, c’est le moment d’aller à Etang-Salé pour transpirer et souffrir en participant à la lutte contre le cancer du sein, à l’occasion de l’Odysséa.

Odyssea LA réunion
Quel succès !

Je vais commencer avec une bonne nouvelle et donc par la fin de l’histoire ! J’avais ma Camillou avec moi, et même qu’on a fini la course ❤ Je peux même vous le prouver, regardez, c’est notre classement sur 2054 participants :

Classement odysséa
Tadaaa. Bon, désolée ma Brenda, je sais que tu aurais été plus rapide sans moi ^^

C’est chaotique bien avant d’être sur la ligne de départ : j’ai du mal à trouver le lieu de retrait des dossards. Mon astuce ? Je prends un autostoppeur qui lui sait où c’est. Je demande gentiment nos dossards au stand, et une vilaine madame me dit vilainement que je n’ai pas fourni mon certificat. Pensée intérieure : je viens de conduire 20 minutes et de me perdre 15 minutes supplémentaires pour juste rentrer chez moi avec le dossard de ma pote ? Je suis cool et elle l’est aussi, mais faut pas déconner. J’arrive à repartir avec les deux dossards contre une promesse engageant l’honneur de ma famille au complet que je leur envoie mon certificat par mail aussitôt rentrée chez moi. Et voilà, mission accomplie : nous avons nos numéros et nos t-shirts roses.

Odyssea
#pink #girly #running #friendship #fuckcancer

C’est le jour J ! Camillou vient me chercher et l’aventure commence. A ce moment-là, la famille de Marcelou est chez nous et j’espère qu’ils pourront me voir et m’encourager sur le parcours. C’est une fois de plus une course en soirée et je crains que l’obscurité de nous aide pas du tout à nous retrouver… En plus du fait que nous sommes toutes et tous rose bonbon.

Foule
Une toute petite partie des participants !

Il y avait un monde fou ! J’ai bien aimé que la course soit ouverte aux hommes, il me semble que ce n’est pas le cas dans toutes les villes. De une, eux aussi peuvent être atteints d’un cancer du sein, et puis même si ce n’était pas le cas, pourquoi ne seraient-ils pas les bienvenus pour soutenir leur mère, leur soeur, leur femme, leur fille, leur amie ? Ou même n’importe quelle personne pas concernée mais qui veut courir et filer quelques euros pour aider ? Je courrais volontiers contre le cancer de la prostate si j’en avais l’occasion. Enfin voilà, je suis dans une totale incompréhension de l’exclusion des hommes dans ce contexte.

On s’échauffe, et on se positionne comme on peut dans la marée. Il ne reste que quelques minutes avant le départ, et j’ai hâte de m’y mettre. Plutôt que de commencer les hostilités, des animateurs nous organisent une petite séance zumba. Ça pourrait être cool, mais ça ne l’est pas : ça dure des plooombes, et il n’y a absolument pas assez de place pour faire les gestes proposés. Ce moment est donc plus agaçant qu’autre chose.

Zumba
Pitié, arrêtez ça.

On démarre avec un énorme retard sur l’heure officielle, au moins 30 minutes si je me souviens bien. L’échauffement me paraît trop loin pour servir à quelque chose, mais bon… C’est parti ! Le démarrage est vraiment impressionnant car on commence avec une descente qui nous permet de voir une masse énorme de coureuses et coureurs venus pour la même raison. C’est un moment fort !

C’est toujours plus agréable de courir après les dix premières minutes, le temps que les gens s’étalent un peu et que plus de place soit disponible. Les cinq premiers kimolètres sont ennuyeux à souhait : tout plat, tout droit, sur le bitume et avec le soleil face à nous pour nous rendre aveugles.

Boring

On s’encourage avec Camille, on se demande si ça va. Je réponds oui, mais en fait, ça ne va pas du tout : j’ai la nausée depuis le tout début de la course. Au premier ravito, je prends un verre d’eau et me le balance à la figure pour me rafraîchir. La personne derrière moi me remercie, je présente mes excuses, c’est pas grave, on continue.

La deuxième moitié du parcours est mille fois plus intéressante : enfin de quoi s’occuper avec des tournants, des petites montées et descentes, des marches, du sable, et on a plus le soleil en pleine face. Les premiers incidents arrivent : je finis par avouer à Camille que j’ai la gerbe, alors on s’accorde quelques pas en marchant et ça me fait du bien. A un moment, une sacrée montée de sable noir nous attend et ce n’est pas évident ! Le chemin est assez étroit, alors je me cale juste derrière quelqu’un et j’essaie de profiter des « marches » formées par ses pas. Et pour Camille, c’est la chute : elle se rétame bien en avant, histoire de finir noire de sable. Je m’arrête aussi du coup, on gêne les autres participants, surtout en ramassant nos gobelets que je n’ai pas voulu laisser au ravitaillement. Mais tout va bien, on reprend !

La nausée revient très vite et le moment est pénible. Je me dis que c’est dommage d’être si mal pour une course en binôme ! Camille est un chou et file devant pour atteindre le deuxième ravito et m’apporter rapidement de l’eau. Quelques minutes plus tard, Marcelou est là ! Je suis contente de le voir, qu’il nous encourage mais lui est inquiet de voir que je ne vais pas super bien. On arrive vers la fin, et Camille me donne le coup de grâce : elle me prend par la main et se met à sprinter comme une flèche pour en finir rapidement. Elle est en super forme, et pas moi : je lâche sa main à regrets, je me cale sur le côté, et je vomis mes tripes. Comme si de rien n’était, ma co-équipière reprend ma main, et m’entraîne pour la dernière et trop longue montée. J’entends les encouragements de Bernard, le papa de Marcel, et ressens de nouveau de la gratitude d’être soutenue. Nous franchissons enfin vers cette puta*n d’arche. Je suis Camille silencieusement dans les couloirs aménagés après l’arrivée, mais en fait je ruisselle de larmes discrètement. Je n’en ai pas honte, mais je crois que je suis contente qu’il fasse nuit pour qu’on ne me voie pas car je n’ai pas du tout envie de discuter, à ce moment précis. Je suis submergée et je préfère évacuer mon surplus d’émotions poignantes dans mon coin.

Le 4 novembre, j’ai couru contre le cancer du sein et pour trois personnes en particulier. J’exprime tout mon amour et mon soutien à ma tante Danièle, à la tante de ma Nénodie… et à toi, ma maman ❤

Delphine

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