#37. La Vie rêvée de Valmyr Turbot

Samedi 24 mars, on est allés faire la fête au milieu de nulle part, la tête dans la musique live et sous les étoiles. Ça vous tente vous aussi ? Alors venez, je vous raconte tout, ou presque. Parce que quand même, certaines choses qui se passent en soirée restent en soirée.

Tenue de rando, affaires de camping, Marcel, Timolise, Pierrence, Chouchou, Floflo, Nana et son chien Meyen, notre invité du moment Bertrand de l’île Rodrigues et un cadeau d’anniversaire surprise : je crois que j’ai tout pour passer un super week-end ! Par le bouche-à-oreille, nous avons eu vent d’une soirée organisée sur un sommet montagneux non loin de chez nous, ce bon vieux Dimitile. Il avait fait l’objet de la toute première sortie trail de Marcel à notre arrivée sur l’île de La Réunion, et même qu’il a raconté tout ça ici. A partir de chez nous, vous allez à l’Entre-Deux et il suffit de suivre la direction du Dimitile indiquée à partir de là. Pour ceux qui ont un 4×4, il est possible d’emprunter une piste pour grimper jusqu’en haut. Pour ceux qui en ont dans le slip, se garer au parking où débute la piste et compter environ deux heures de montée à pied. C’est parti pour 30 minutes de route pour la Twingo de Nana et la Golf de Marcelou. Pierre et Floflo, les riders du groupe, sont partis plus tôt pour grimper ladite piste respectivement à moto et à VTT à assistance électrique (quelle petite nature, ce Floflo).

Le ciel est bien couvert – comme souvent dans l’après-midi – et nous espérons déjà que le temps sera dégagé le lendemain matin pour profiter des différentes vues ! On se gare comme on peut, on croise les doigts pour qu’aucun éboulement ne vienne ruiner les caisses, et on attaque la marche. Plusieurs sentiers mènent jusqu’à notre destination, et nous choisissons d’emprunter le sentier « Boeuf la Chapelle« , le plus facile.

De mon côté, la forme n’est pas franchement au rendez-vous. Je vois des étoiles à la moindre marche plus haute que mon genou. Bof bof. Heureusement, Timolise se calent sur mon rythme de paresseux fatigué, et Marcelou finit la marche à mes côtés. Je triche comme une mal élevée : Marcel prend mon sac et me tient la main pour me tracter. Quel soulagement ! Je ne suis pas très contente de ce manque d’énergie… J’ai déjà fait bien plus difficile pendant plus longtemps.

Deux petites heures plus tard et nous voilà arrivés à destination : le gîte de Valmyr ! Alors Valmyr, c’est effectivement un prénom, et également un personnage haut en couleurs que j’ai hâte de vous présenter. Pour notre plus grand plaisir, il organise chez lui une soirée kabar : il s’agit d’un regroupement festif de personnes pour écouter de la musique live, danser et manger. Tout ce qu’on aime ! Je crois qu’à l’origine, ce type de rassemblement était organisé pour fêter l’abolition de l’esclavage, ou bien pour rendre hommage à une personne décédée. Bref, faisons un petit tour des lieux : on repère le terrain pour installer nos tentes, une scène digne du Zénith, un bar au top pour accueillir les 200 personnes prévues. De la boue, des tôles, un WC sans chasse et un robinet d’eau de pluie. Parfait. Cette reconnaissance topologique s’accompagne de celle de récents amis qui se sont eux aussi joints à la soirée : Violaine et son homme Ronan, qui trouvent que nos noms de famille font schleus (je ne vois pas pourquoi…) ; Vince, qui a le mérite d’aimer la musique que je lui fais découvrir ; Aline, qui fait des fondants au chocolat à tomber par terre ; et l’homme de la soirée, Camille ! Camille, c’est le mec qui a voulu organiser tout un truc chez lui pour son anniversaire ce même soir, sauf que tout le monde s’y est mis pour rendre le projet impossible… par contre, sa copine était là pour l’amener en voiture, yeux bandés, jusqu’au gîte pour célébrer tous ensemble son anniversaire surprise 🙂

Sept heures et quelques bananes : la nuit tombe et nous permet d’admirer les étoiles. J’attendais ce moment avec impatience car j’avais voulu les observer la veille, mais la pollution lumineuse était trop importante depuis notre jardin. Avec l’aide de Titi qui était là pour me secouer pendant les prises de vue, j’ai réussi à prendre deux photos de la constellation d’Orion. L’ambiance s’installe pour de bon avec la musique qui démarre enfin !

Les consos sont temporairement comprises dans notre forfait, ce qui implique naturellement un certain nombre d’allers-retours au bar. On danse, on se désaltère à la bière, au punch et au vin (…), on se promène à droite à gauche pour une quelconque mission et on croise et re-croise tout le monde. La discussion est très facile et agréable avec les inconnus. D’ailleurs, un monsieur sorti de nulle part m’invite à manger avec Marcelou le lendemain midi, étant donné que la négociation pour neuf convives n’a pas abouti. Au menu ? Du tangue ! C’est un genre de hérisson qui peut être chassé pour finir dans votre assiette. L’invitation est très tentante mais s’annonce compliquée vu que nous sommes nombreux et venus en covoiturage… On se dit qu’on en rediscutera plus tard.

Tangue
Miam miam.

Comme une envie de pipi, il me prend soudainement d’aller tous ensemble voir Camille à la régie pour lui offrir son cadeau. J’ai énormément de choses à vous dire sur le sujet qui se prête complètement à la ponte d’un article, alors je vais simplement vous évoquer le fait que je passe pas mal de temps à créer des accessoires avec des motifs brodés au point de croix. Pour l’occasion, je lui ai fait un porte-clés – garantie incluse 😉 – en simili cuir avec au recto un gouzou qui joue de la guitare (Camille étant guitariste), et au verso le drapeau de La Réunion dont j’ai modifié les couleurs pour l’assortir aux teintes que j’ai choisies.

Porte-clés Camille
Alors, il est trop cool, non ?

Ça me fait penser que je n’ai pas été foutue de vous expliquer ce qu’est le gouzou en 36 articles. Il s’agit du petit bonhomme jaune orangé, comme vous l’aurez deviné. Ce personnage est taggé un peu partout sur l’île mais également à l’étranger, et est l’oeuvre du graffeur Jace. Son gouzou est très emblématique de la région. Le cadeau a semble-t-il eu l’effet escompté !

Revenons à la soirée. Je repère à un moment notre hôte qui semble disponible. Tout le monde le décrit comme une personne incroyablement généreuse qui adore recevoir, alors j’ai envie d’aller lui dire merci et de taper la discute. Notre petit échange ne fait que confirmer l’extrême sympathie du monsieur, qui me parle avec enthousiasme de sa passion pour l’humain. Au détour de mes petites recherches, je tombe sur une interview qui donne envie de mieux le connaître !

IMG_4529 copie.JPG Valmyr
Le très accueillant Valmyr Turbot.

Il va falloir éponger tout ça commence à se faire faim, alors on se dirige vers la salle à manger où paraît-il, de la nourriture ferait son apparition un petit quart d’heure plus tard. Pour ne pas se faire avoir, on reste sur place. Je discute avec un certain Max, tout content et naïf doctorant en première année qui bosse sur la modélisation des déplacements de bovins à La Réunion, ou un truc du genre. Les jambes fourbues, je finis par choper une mini place sur un banc (« Et dire que c’est l’cul qui repose les jambes ! » comme dirait mon papa). Et j’attends. Et j’attends. Et je discute. Et on attend tous. En attendant, on fait connaissance, j’attrape de justesse une tartine préparée par Aline. Et puis aussi, en attendant, on attend. Et la bonne nouvelle arrive enfin : de multiples barquettes de rougail saucisse seraient à disposition de l’autre côté, vers le bar. Alors on s’arrache, et on obtient enfin notre repas. Dieu soit loué. Peut-être avaient-ils annoncé l’heure du repas selon le fuseau horaire de Paris, en fait. On rejoint Florence qui s’est posée dans un hamac, et on mange un peu à l’écart dans une atmosphère des plus mystiques.

Voilà une petite compil’ pour que vous ayez un aperçu en vidéo de notre soirée !

Marcel et moi fatiguons assez tôt ! La soirée est excellente, mais la musique devient un peu trop calme à notre goût et je me mets à bailler à tout va. Les yeux de Marcel sont tout brillants d’épuisement, et sa tête atterrit comme par enchantement sur mon épaule… C’est vraiment très confortable. On reste encore un peu pour voir si la musique peut nous énergiser de nouveau, mais ce n’est pas le cas et l’appel du tapis de sol parvient à nos oreilles. Bonne nuit tout le monde, et à demain !

La nuit est délicieuse. Il y a une drôle de bosse au milieu de la tente, qui se prête parfois à une position à peu près confortable et la plupart du temps à se demander comment se mettre. Malgré mon t-shirt, mon haut à manches longues, mon gros pull de Noël à pompons et mon sac de couchage, j’ai froid. Le bruyant groupe électrogène n’est pas loin de nous. Durant un moment, j’entends les réglages du groupe suivant, puis la musique reprend et on entend tout puisqu’on est à quelques pas de la scène. Finalement, on profite de l’ambiance jusqu’au bout !


Un peu plus de huit heures : une voix familière mais lointaine me parle. Pas la moindre idée de quoi, j’ai la tête dans le c*l. La tente s’ouvre, le tapis et le sac à côté de moi disparaissent. Je comprends peu à peu que le jour est complètement levé et que je meurs de chaud sous toutes mes épaisseurs. Marcel est déjà en train de tout ranger avant d’aller petit-déjeuner. Je sors tant bien que mal et on part à la chasse au café. L’ambiance au petit-déj est géniale : un chanteur, un guitariste, un Titi qui fait des percus sur une caisse et… Valmyr qui joue de l’accordéon ! Bon, ma référence intangible en la matière, c’est mon papa ❤ mais je dois bien reconnaître que cette ambiance de mini-festival me rappelle les nombreux concerts et bals folks donnés par ma famille.

Quelques tartines de confiture plus tard, Marcel et moi voulons partir au point de vue. J’aurais aimé qu’on partage ce moment tous ensemble, mais les autres veulent redescendre sans aller voir le panorama 20 minutes plus loin #snif. Concilier les envies de chacun, s’arranger avec les voitures et notre invitation à manger du tangue est un peu compliqué, alors on abandonne ce projet de repas et on embarque Chourence (haha, ce prénom de binôme Chouka + Florence n’est pas très sexy) pour aller voir le cirque de Cilaos en passant par un type qui chante dans un arbre (cf la deuxième petite vidéo qui vous attend 🙂 ).

Il est un peu plus de dix heures quand nous arrivons au point de vue. J’appréhende : Marcel aurait voulu y arriver deux heures plus tôt pour être sûr que le temps soit dégagé, et Florence serait bien redescendue avec les autres, mais la Twingo affichait complet. Marcel allait-il être déçu de rater la vue ? Florence allait-elle être deg de ne pas avoir suivi les autres quitte à devoir s’accrocher au toit de la Twingo de Nana ? Réponse en images 🙂

La matinée en vidéo : 

Donc voilà, ouf pour tout le monde, le temps est encore bien dégagé et c’est un réel plaisir de passer du temps à profiter du panorama ! En redescendant, on croise un groupe à la recherche d’une GoPro perdue. C’est pas d’bol, mais en contrepartie, je leur ai envoyé mes photos et bien évidemment le lien pour venir lire cet article de qualité. Philippe, j’espère que tu as pu la retrouver même si les chances paraissent minces.

Et voilà ! C’était vraiment une sortie géniale entre colocs, autres amis et inconnus. Merci à tout le monde pour ce chouette week-end ❤

Delphine

PS : veuillez maintenant respecter une minute de silence pour Pierrence qui rentrent se cailler les miches 10 jours en métropole. Il nous tarde de leur rendre Chouka sale, obèse, et teinte de toutes les couleurs. POURVU QU’ILS LISENT CETTE PHRASE ET NOUS RAMÈNENT DU COMTÉ !

 

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