#32. Guillaume le conquérant

Jeudi 12 octobre. Il fait beau, il fait chaud, et j’emmène un gars que je ne connais que de vue pour faire une rando que je ne connais pas. Le décor est planté !

Cela faisait donc quelques jours que nous vivions dans notre nouvelle petite case. Titi avait invité un ami de Strasbourg à être tout seul, puisqu’il préférait partir en trek avec son amoureuse Lilou au moment de son arrivée x) Haha, vous inquiétez pas, yavait une raison rationnelle à ce flou artistique 😉 tout ça pour dire que j’ai fait du Richard sitting pendant une journée, et que c’était vraiment très cool ! Ndlr : Richard s’appelle en réalité Guillaume, et je ne suis plus sûre de savoir d’où sort ce surnom.

Inconscients comme nous l’avons été, nous avons suivi le conseil de Marcelou : randonner du côté du Bras de la Plaine, avec une description qui nous a vendu du rêve. Flashback : « […] et en fait à un moment, c’était tellement infranchissable que j’ai glissé sur plusieurs mètres de roche glissante, et du coup j’ai fait demi-tour […] » (#ambiance). Je me demande encore pourquoi j’ai cédé. Le matin quand on s’est préparés, on a emballé nos téléphones dans deux sacs de congélation qu’on a placés dans un tup’, si vous voyez dans quel genre de galère on est allés se fourrer. On a roulé 20 minutes direction Pont d’Yves, un quartier du Tampon (si vous connaissez le coin, il faut aller touuut au bout de la ruelle qui s’appelle « Chemin de la Petite Ravine »), et on a commencé notre aventure ! Elle s’est déroulée en trois phases : la descente (environ 400 mètres), l’à peu près plat plutôt mouillé, puis la montée (plus ou moins 300 mètres).

Guillaume le Conquérant 2
C’est bon, maintenant vous pouvez suivre 😀

C’est parti !

La descente était plutôt raide (et somptueuse !), mais ce n’était rien comparé au niveau sport extrême qui nous attendait au fond de la vallée. Une fois en bas, nous avons rejoint notre nouveau « chemin », qui était le Bras de la Plaine lui-même. Autrement dit, une rivière. Donc :
Quand ya un sentier ou juste vaguement de la place d’un côté ou de l’autre du cours d’eau, on marche là.
Quand yen a pas, on marche dans la rivière 😀
Quand ya peu d’eau, on fait juste plouf plouf comme dans de vulgaires flaques.
Quand ya beaucoup d’eau, on nage (oui oui, en tenue de rando et avec nos sacs à dos !).
Quand ya du courant et pas mal de cailloux, on fait attention / on se fait mal / on fait du toboggan un peu comme on peut !
La hauteur de l’eau a donc varié entre la hauteur des chevilles et un peu au dessus de ma propre tête (mais non Maman, ne fais pas cette tête en lisant ces phrases).

Je ne vous cache pas qu’on a eu quelques loupés. Aucun souvenir de ce qu’avait Richard à déclarer ce jour-là comme blessure de guerre, mais moi je m’en suis sortie avec quelques bleus et une fesse gauche en moins (la seule que je possède). Pour ceux qui connaissent, plusieurs passages m’ont rappelé l’attraction « rivière sauvage » à Center Parcs, de laquelle on sortait souvent un peu abîmés avec mon frère quand on était ados 😀

Le suspense a assez duré. Quel était l’intérêt véritable de cette sortie, le clou du pestacle, LE truc original et magnifique à voir à cet endroit-là ? Comme vous allez le voir, chanceux que vous êtes, le lit de la rivière a pris une forme de tube, et les roches ont pris des formes tout à fait intrigantes qui s’appellent des orgues basaltiques. Regardez-moi ça !

C’est pas complètement fou ? On a été vraiment émerveillés de l’allure des lieux qui donnait l’impression – comme souvent ici à La Réunion – d’être sur une autre planète. Le fait de ne croiser que deux ou trois personnes en plusieurs heures était vraiment appréciable d’ailleurs, pour profiter pleinement de cette nature étonnante.

Comment ça se forme, ces affaires-là ? Pardonnez-moi par avance please, mais j’ai grave la flemme de reformuler ce que je viens de lire sur le sujet. Si vous voulez en savoir plus sur la formation de ces étranges colonnes, je vous invite à visionner cette chouette vidéo de cinq minutes, histoire de se la péter en soirée si on vous questionne là-dessus.

La marche/nage a duré environ trois heures, si je me souviens bien. C’était vraiment génial, on a bien discuté et rigolé en se cassant à moitié la g***** dans la flotte 🙂

En approchant de l’endroit où l’on devait remonter vers la route, le décor est devenu un peu familier, et pour cause : j’étais déjà venue dans le coin ! Honteusement, la sortie à laquelle je fais allusion n’a pas fait l’objet d’un article… je sais, je mérite qu’on me donne une corde. On est arrivés à ce qui pouvait ressembler à notre point d’extraction, c’est-à-dire le sentier Dassy, mais j’avais un doute. J’ai fait l’erreur de demander notre chemin à un groupe de créoles, histoire d’être vraiment super sûre #guideenmousse. On nous a dit que c’était plus loin : on a donc continué, ça ne nous a pas inspirés, on a vérifié, et en fait, on nous avait mal rencardés et on a dû rebrousser chemin. Merci les gars !

On est remontés vers la civilisation, et là nous attendait une petite heure de marche sur la route pour rejoindre ma voiture. Par chance, notre irrésistibilité a fait qu’une gentille madame nous a pris en stop dans sa Clio trois portes, et nous a donc évité de crapahuter encore.

Le moment d’ouvrir la voiture n’était pas anodin pour notre bien-être étant donné que j’ai fait une delphinade pendant toute cette « randeau »… mes clés de bagnole était dans une petite poche de mon sac à dos sans protection étanche : elles ont donc pris l’eau, et pas qu’une seule fois. J’étais assez curieuse de savoir si on allait rester comme des cons devant ma voiture fermée, mais ça n’a pas été le cas. Dieu soit loué.

Le véritable « epic fail » de cette journée, c’est qu’on a raté un truc trop joli 😥 une arche naturelle qu’on aurait dû voir peu avant la remontée. La nature humaine a ses limites…

Arche
Pardon Guigui =( (photo : randopitons.re)

Le soir, on s’est fait un resto avec Marcel, Timolise, Richard (j’en profite pour faire coucou au passage, bisou mec =) !), et Milène, fraîchement arrivée sur l’île à ce moment-là (dédicace à toi également !). On était au Marin Bleu, un endroit qu’on adore avec Marcelou vu qu’on se régale à chaque fois (par contre on attend toujours nos plats trois plombes, mais ça reste entre nous).

Delphine

20171012_211139.jpg*

PS : en fait, j’ai menti dans l’intro de ce billet ! Je me souviens très bien pourquoi j’ai cédé à la suggestion de sortie de Marcelou : il a tenté le même itinéraire mais à contre-courant, le malheureux. Quelle idée saugrenue ! Du coup, nous, on a été super raisonnables et on a opté pour faire la rando dans le sens du courant. Malins !

Un commentaire Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s