#30. Mafate 1, Chaussures 0

Hello hello ! Voilà que le mois de novembre se fait déjà sa petite place… Mine de rien, mine de quelque chose, on se dirige vers une année de vie à La Réunion ! J’ai du mal à réaliser 🙂 En attendant de fêter cet anniversaire, il y en a deux super importants pour moi au tout début de ce mois-ci : ceux de mon Nono et de mon Papa. Alors joyeux anniversaire à tous les deux, je vous embrasse fort, et vous dis à tout bientôt ❤

Fin de la séquence émotion et revenons vers un style plus léger ! Contrairement à l’article précédent, je vais aujourd’hui vous parler d’une thématique que vous connaissez déjà : le trekking. Moi qui n’aurais jamais trop penser à en faire ne serait-ce qu’un, me voici à l’instant où je vous écris à la fin de mon quatrième ! Mais chaque trek en son temps et parlons du troisième… Je vous propose aujourd’hui une option inédite pour apporter quand même du neuf dans le vieux : le trek version « chaussures en kit ».

Tout a commencé le samedi 30 septembre. Farlotte préférant les marches plutôt courtes voire même carrément se déplacer en hélicoptère, nous avons fait ce trek qu’entre pauvres, avec Néno. Une première pour elle ! J’ai choisi de faire le même qu’avec Alice-Anne (articles #24 et #25). J’avais envie de changer mais l’autre boucle possible était vraiment plus difficile et j’étais super malade, alors voilà, j’avais pas la foi. Tout ça pour dire qu’on en prend une autre et qu’on recommence ! J’ai téléphoné dans le but de réserver notre retour en 4×4 depuis Deux Bras jusque le sentier qui remonte à Sans Souci (c’est-à-dire pour éviter de finir avec 9 kimolètres de marche pas très intéressante pour revenir à la bagnole), et je me suis pris un vent monumental. Le bonhomme au bout du fil m’a sorti « Ah non, pour le dimanche 1er octobre, je ne prends aucune réservation. Avec le festival à Aurère, il y aura un monde fou. Premiers arrivés, premiers servis ! « 

Dans la merde
On est dans la merde.

Il aurait été grave stylé d’aller à ce festival, mais je l’ai appris fort tardivement et tous les gîtes d’Aurère étaient complets. Bonsoir, tristesse. Le pseudo-espoir fourni par le tenant d’un gîte (du genre « Je peux peut-être essayer de vous avoir un emplacement de tente, mais je ne vous promets rien ») avait juste l’air d’un coup bien foireux, en plus de nous faire porter du matériel de camping potentiellement pour rien, alors on a laissé tomber.

Nous voilà donc parties pour la canalisation des Orangers, direction Grand-Place-Les-Hauts pour le dodo, en passant par Cayenne pour pique-niquer. Départ de la maison 5h00 (vous noterez que le mot choisi « maison » et non « appartement » n’est pas le fruit du hasard 😉 rendez-vous article 31 pour avoir le détail !), marche débutée à 6h15… pour moins de 4 heures de marche sans problème.

Dix heures zéro zéro : c’était l’heure de la défaillance technique majeure. Une belle contre-performance ! J’avais pourtant fait ma Delphine petite maman du genre : « Tu prends une casquette hein ? Des lunettes de soleil, des vêtements qui craignent rien, blablabla, des BONNES CHAUSSURES,  de la crème solaire, blablabla, bablablu. » Et voilà l’travail au milieu de cette bonne vieille canalisation :

Stop. Néno. Sérieusement. Des grolles de 8 ans d’âge, au bas mot ? A MAFATE ? Hahaha. Eh ben voilà. Ses savates auront tenu des années, elles font les premières randos réunionnaises easy, et là c’est la fin. Rideau.

Je me suis demandé ce que je devais faire en tant que chef de l’expédition. Plutôt inquiète de voir ces merdes, je me suis dit qu’il valait peut-être mieux faire cash demi-tour et reporter ça à plus tard. Et puis je me suis aussi dit que c’était vraiment trop con de rebrousser chemin. Compromis trouvé : on pousse jusqu’à Ilet des Lataniers, et on voit. On voit si quelqu’un a de la glu. Mais en attendant, j’ai trouvé un stratagème : j’ai dégainé mon bandeau à cheveux qui après 20 ans de bons et loyaux services capillaires a fini pire qu’une vieille chaussette qui n’intéresse plus personne : je l’ai enroulé autour de sa chaussure droite, entre le talon et le devant de la godasse. Dans une coordination proche de la perfection, il est arrivé la même chose à l’autre chaussure peu après. Dégainage de chouchous accrochés les uns avec les autres pour la chaussure gauche. Regardez-moi ce travail d’orfèvre.

Direction le tube de glu des Lataniers et les chaussettes rayées pas du tout trek-friendly. J’ai payé ma tournée de thé vert pour nous remettre de nos émotions et adoucir ma gorge rhinopharyngitée.

Alors, à votre avis, ça a tenu ?

Eh bien…

Non. Poussières, cailloux, humidité… Si toutes les chances que ça tienne était du côté de quelqu’un, elles n’étaient pas du nôtre. Mais ça avait l’air de le faire plus ou moins. On s’arrêtait de temps à autres pour un petit contrôle technique, et ça passait, si on était pas trop regardantes. Direction Cayenne pour le repas de midi et retrouver un vieil ami !

Dernière étape : Grand-Place-Les-Hauts et le gîte d’Anita Bilin ! A deux pas de celui de Marcel Bilin chez qui j’étais déjà allée. Son gîte est vraiment nickel, et j’ai envie de dire presque trop nickel : c’était tout neuf, tout beau ! Nous avons fait la connaissance de Tobbe, un flamand super cool avec qui on a pris l’apéro dehors en attendant l’heure du dîner. Aaaah, ce dîner. Un moment épiquement épique ! On était genre 10 ou 12 à table je ne sais plus, et vas-y qu’on parle de baleines, d’Into The Wild, de qui vient de où en fait, et bien évidemment de randonnées, de treks et de trails. Dans ce genre de conversations, j’aime bien faire genre je m’y connais à fond, même si c’est pas mal par procuration : la préparation mentale et physique, les dénivelés, les distances de tels et tels sentiers, les noms des courses à La Réunion… Voyez plutôt :

« Ah bon, tu connais pas la Course Tangue ? C’est en janvier à la Plaine des Cafres, de Bourg-Murat jusqu’au Piton Textor, et tu reviens. 24 kimolètres. »
« T’as pas fait les Foulées de la Trisomie 21 ? Dommage, on a eu une météo parfaite en plus. »
« La montée Hellbourg – gîte de Bélouve ? Oooh ça doit faire dans les 560 mètres de D+. Un bon spot pour s’entraîner au kimolètre vertical. »
« Tu me demandes sérieusement si je connais Kilian Jornet et ses promenades de santé en Italie en passant par le Mont-Blanc ? »
« Moi ? Je n’ai fait que deux petites courses pour le moment mais je vais quasi toujours encourager mon copain qui fait pas mal de trails. Son dernier était la Cimasa, je suis allée le voir à trois ou quatre endroits différents avec mon pouet pouet pour l’encourager. Il a fait 79ème ! »

Vous n’imaginez pas ma fierté avec cette dernière phrase. J’étais gonflée à bloc, super contente de vanter les exploits de mon Marcelou. Le plus beau, le plus fort, le plus rapide, c’est lui. Et c’est là que ce cher Benjamin, positionné à ma diagonale gauche à table, m’a gentiment dit qu’il l’avait faite aussi, alors forcément je lui ai demandé son classement.

« J’ai fait quatrième. »

Brice de Nice

Merde. Calmée. Je me suis un peu détendue et j’ai opté pour l’écoute attentive et humble dudit Benjamin et de son ami Philippe qui n’étaient pas du tout venus enfiler des perles mais bel et bien s’entraîner pour pas moins que le Grand Raid, s’il-vous-plaît. 165 kimolètres de bonheur entre Saint-Pierre et Saint-Denis pour environ 10 000 mètres de dénivelé positif… Incroyable. Enfin voilà j’enchaîne, ce repas était un moment génial et ça fait plaisir de rencontrer des gens aussi cools et qui forcent le respect !

Deuxième et dernier jour : direction Deux Bras en passant par Ilet-à-Bourse, Ilet-à-Malheur, Aurère… histoire de croiser par hasard deux potes de Saint-Pierre, Léa et Alexis. Normal.

Mais on oublie pas notre problème de fond : le fait que le bandeau, les chouchous et la glu ne suffisaient pas pour maintenir les chaussures de Néno correctement. On a donc rajouté deux options de customisation : d’abord de la cordelette, achetée à Aurère, puis du scotch, presque romantiquement posé par notre héros du jour : Vincent. Malgré ta grande bonté mec, ce scotch a connu un échec retentissant qu’il nous a fallu retirer de ce qui « commençait » à ressembler à un échaffaudage ridicule.

C’est une sacrée descente qui nous attendait pour rejoindre la Rivière des Galets. La question de marcher en tongs s’est posée plusieurs fois, ça aurait été peut-être mieux mais j’avais vraiment peur qu’elle se détruise la voûte plantaire et les doigts de pieds contre les rochers.

L’inquiétude pour la mission « choper un 4×4 » augmentait aussi vite que les godasses d’Elodie partaient en lambeaux. On était super nombreux dans la descente.. et logiquement très nombreux au point de rendez-vous des pick-up. My God.

C’était perdu d’avance, alors on a décidé de tracer à fond pour sortir du cirque et revenir au plus vite à la voiture. Une minute après avoir dépassé l’aire de stationnement, un pick-up a fait son apparition. On pensait qu’il allait aller cash là où il était censé se garer… sauf qu’il s’est arrêté à peine quelques mètres derrière nous et que des gens commençaient à grimper dedans. Alors on s’est arrêtées, on s’est regardées, et comme des c*nnasses, on s’est aussi dépêchées de se faire une place dans la benne. Enorme ! Le conducteur est quand même passé au niveau du parking pour remplir au max le véhicule – ce qui était légèrement culpabilisant mais tellement bon -, et on a fait route vers la sortie du cirque de Mafate :

Pour répondre à ma question, je crois bien qu’on était 16 dans la benne, plus probablement 5 personnes dans la cabine. L’ambiance était vraiment trop drôle, on a beaucoup chanté et rigolé, d’où le choix de musique dans ce superbe montage 😉

La piste de 4×4 traverse la rivière à maintes reprises, et chaque montée pour sortir de son lit était bien sportive : les gars devant nous essayaient de retenir les sacs qui tombaient du toit, et nous, bah on essayait de retenir les gars de nous écraser.

Une dernière petite vidéo hommage aux chaussures de randonnées qui auront quand même connu une belle mort. C’est pas donné à toutes de rendre l’âme dans un tel panorama !

Elodie… merci pour ces fous rires.

Delphine

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