#29. 13 Years a Lave

Bonjour à tous ! J’ai le plaisir de vous retrouver dans cet article pour vous raconter une sortie ex-cep-tion-nelle que j’ai faite en compagnie de Nénodie et Farlotte ! J’ai eu l’honneur de recevoir leur visite fin septembre/début octobre pour une semaine et demie de profitage entre keupines 😀 Néno, mon amie d’une indéfectible loyauté depuis la seconde, et Farlotte, sa collègue que je ne connaissais que très peu mais qui m’avait paru fort sympathique quand je l’avais rencontrée. Je me souvenais bien d’elle puisque lors d’une fête chez Néno (Son anniversaire ? Sa crémaillère ? Je ne sais plus), elle était partie de la soirée… pour revenir un peu plus tard car elle était enfermée dehors par son cher et tendre 🙂 Voilà pour l’affiche.

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Elles sont pas trop choues ? Si, hein. En plus, c’est le genre de meufs qui viennent avec la moitié des bagages en cadeaux pour nous et qui balancent tout sur la table au moment de notre premier dîner. Merci encore pour ce craquage, les filles.

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Avis à nos prochains visiteurs. La barre est placée fort haut !

Je ménage encore un peu mon suspense en partageant ce petit bonus : je suis retournée avec elles à la cascade Niagara le jour de leur arrivée, où nous étions déjà allés avec Marcelou en compagnie de JuMaCha au mois de juillet (article #22).

Oui oui je sais allez, entrons dans le vif du sujet de ce billet : la visite des tunnels de lave ! C’est une excursion que l’on peut faire du côté du Grand Brûlé, autrement dit le Sud-Est de l’île. Comme vous avez pu le comprendre, c’est une région vraiment désolée du fait des coulées de lave successives qui viennent tout cramer sur leur passage. Spéléologues à nos heures perdues, nous avons passé notre matinée du mercredi 27 septembre dans les entrailles de ces coulées refroidies et solidifiées plusieurs années après l’éruption qui les a formées. Claustrophobes s’abstenir !

La journée a commencé avec la route plutôt longuette jusqu’à notre point de rendez-vous… plutôt énigmatique : la coulée de 2001. Je me suis demandé comment on allait pouvoir la reconnaître (vous reconnaissez la coulée de 2001 par rapport à celle d’une autre année, vous ?), mais chaque parking porte sa petite pancarte avec la date de la coulée qui passe à côté. C’est donc en toute logique que nous nous sommes garées au parking de la coulée de 2001 pour explorer la coulée de 2004. Bref. Gants, genouillères dans le bon sens (suivez mon regard), charlotte bien en place (je parle de cet accessoire de mode à mettre sur les cheveux, hein, pas de Charlotte elle-même), casque, frontale, bonne humeur, Fred le guide, et c’est parti.

L’ambiance était génialissime dès les premières secondes ! Vannes, blagues, petites piques avec le groupe, tout y était pour rire nerveusement comme des gamines dissipées à l’idée de faire un truc inhabituel. Nous avons passé les 20 premières minutes dehors à marcher sur les coulées en direction de l’océan en écoutant Fred qui nous expliquait notamment comment l’enclos autour du volcan s’était formé. Il est le résultat de l’éjection de magma d’une immense chambre volcanique et de sa retombée au même endroit : ça s’appelle une caldeira. Bon, dans le détail c’est un peu plus compliqué que ça, alors je vous laisse ce lien si vous voulez en lire davantage.

Assez passé de temps à l’air libre, et place aux photos de notre exploration soulavienne qui aura duré environ 3 heures et demie.

J’ai beaucoup aimé comme on se retrouve très vite enveloppés dans une atmosphère bien particulière, secrète et privilégiée, dès l’entrée dans le tunnel. Comme si la lave avait prévu le coup des visites de touristes, des banquettes naturelles nous attendaient pour nos premières explications mi-dehors mi-dedans.

Pour commencer : mais comment ça se forme, un tunnel de lave ? Alors en fait, quand une coulée… coule, la lave en surface refroidit bien plus rapidement en étant au contact de l’air que la lave plus en profondeur. Alors que le pourtour se fige, se solidifie, la lave interne plus chaude et liquide continue son chemin. Si celle-ci s’écoule totalement, tadaaa ! Un tunnel se façonne. Et c’est comme ça qu’on se retrouve à se promener sous de la lave de 8 mètres d’épaisseur. Fred nous a fait réaliser un truc assez badass, en parlant de ça : vous en connaissez beaucoup, vous, des grottes plus jeunes que vous ?

Interesting

La visite était une alternance de petites périodes de marche pour progresser dans les profondeurs des galeries et de pauses dans des genres de salles naturelles pour boire les paroles de Fred. Que de récits passionnants sur la géologie et le volcanisme ! La première salle qui nous a accueillies s’appelle la salle chocolat. C’est là que j’ai emprunté le calepin de Néno pour noter ce que je vous raconte là et faire un joli dessin 😉 c’était aussi l’occasion de lui pourrir ledit calepin à cause des gouttes d’eau qui tombaient régulièrement sur les pages.

Ça ne se voit pas bien sur les photos, mais les laves nous offrent quand même un petit panel de différentes couleurs. Les tons étaient majoritairement noirs et marrons, mais il y avait aussi des nuances jaunâtres orangeâtres rougeâtres. La variation de teintes est le témoin de la vitesse de refroidissement : plus il est lent, plus la roche est colorée. Certaines formes de roche évoquait des animaux, notamment un lion et un dodo qui est apparu après que Fred ait choisi un cobaye dans le groupe pour nous le montrer.

Vous avez dû voir sur l’une des photos une forme de tube creusé dans la roche. Bravo à Néno qui a trouvé comment cela a pu se former après que Fred nous ait posé la question : c’est un arbre qui a été emprisonné dans la lave et qui s’est volatilisé en vapeur d’eau. L’espèce de moule ainsi formé s’appelle une périmorphose. Voilà la photo d’une autre périmorphose où l’on voit bien la couleur dorée de la lave :

Périmorphose

Nous avions parfois le choix entre différentes galeries de difficulté similaire qui se rejoignaient toutes un peu plus loin. A un moment donné nous était donné le choix d’aller à gauche pour le chemin facile (je crois qu’on pouvait passer debout), au milieu  pour un passage à quatre pattes, ou à droite, espace à peine plus haut que je ne suis épaisse. Ma maman aurait a-do-ré le passage de droite, histoire de s’offrir une petite crise de panique. Avec Néno, on a filé à Fred tout ce qui aurait pu nous gêner : les appareils photo, carnet, sacs à dos, clés, et on a rampé. Ça n’a duré que quelques minutes, mais ça m’a paru un peu long, en tous cas avec mon rythme de croisière. C’est assez fatigant et je dois dire fort peu pratique de se traîner comme ça au sol, allongée ventre à terre avec le plafond quelques centimètres au dessus du dos. On veut relever un peu les fesses pour avancer en s’aidant des genoux et on peut pas, on tourne la tête pour voir comment plier les jambes et on se cogne au plafond tout en s’égratignant les avant-bras… toute une aventure. Après une éternité pour parcourir 10 mètres, j’étais plutôt contente de pouvoir me relever et de retrouver Farlotte qui avait décidé de ne pas se compliquer la vie.

Les différentes salles se sont enchaînées dans un premier temps plutôt facilement. Je me disais « Ouaiiis nan mais tranquille, j’embarque des gens et je refais moi-même la visite en autonomie, et je pourrai faire celle qui sait ». Sauf que plus on avançait, moins on avait de questions et plus on allait vite dans notre exploration. L’allure retour était donc plus rapide, je n’avais plus le temps de prendre mes annotations entre les multiples passages à quatre pattes, il a fallu que le guide nous montre qu’on avait changé de galerie pour que je m’en aperçoive, Elodie est restée coincée avec son sac à dos dans le plafond… Bref, la fin est bien plus confuse que le début qui était tout facile, et je préfère ne pas imaginer les sensations que procure le fait de se perdre là-dedans !

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N’hésitez pas à me choisir comme guide, j’ai pondu un super plan.

Fred nous a proposé lors d’une pause de nous asseoir, d’éteindre toutes les lumières et de ne pas parler pendant deux minutes. Ce moment était d’une rare simplicité faite de silence et d’obscurité, mais en même temps très fort. J’ai pensé à la chance de me trouver dans un endroit pareil. On était dans de la lave, c’est quand même dingue non ?

Aucun regret pour mes 50 balles : Fred est un super guide, la visite était longue, justement dosée entre ses côtés instructif et récréatif grâce à l’ambiance de groupe vraiment très conviviale. Voilà leur site si vous voulez jeter un oeil ! Cela aurait été parfait si je n’avais pas perdu toutes mes photos de cette sortie (#dégoûtée), alors j’en profite pour remercier Nénodie grâce à qui je vous propose cet article 😉

Bisous à tous et à très vite !

Delphine

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Clemmm dit :

    Très intéressante et originale comme visite ! Assez stressant le petit passage en rampant 😮

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    1. intotherhum dit :

      Oui très originale en effet !
      Je me suis jamais sentie claustrophobe auparavant, mais je dois dire que ce passage en rampant était plutôt oppressant 😉

      J'aime

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