#25. Théodule tout puissant

Cet article fait suite au numéro 24 ! Le but de tout ça étant de vous faire le récit de nos vacances, avec Alice-Anne, qui est venue passer huit jours à La Réunion. J’en étais restée à la fin du deuxième jour, c’est-à-dire au milieu de notre petit trek mafatais mafatigué. Place maintenant au lendemain de la nuit en gîte !

°° Mercredi 9 août °°

Déjà le jour du retour ! De Grand-Place-Les-Hauts, où nous avons dormi, nous sommes passées par Ilet-à-Bourse, le fameux hélicoptère, Ilet-à-Malheur, Aurère. C’était chouette de reconnaître le chemin en le parcourant dans l’autre sens… et en étant nettement moins courbaturée que lors de ma première venue à Mafate !

Depuis Aurère, c’est une vertigineuse descente qui nous attendait : l’avant-dernière étape avant de rejoindre la voiture, Deux Bras, se situait 700 mètres plus bas.

Et là, c’est une longue marche à plat qui était à notre programme. J’appréhendais un peu, car le chemin – où ma main n’avait encore jamais mis les pieds – qui devait nous faire remonter à la voiture était annoncé comme un peu difficile à trouver, indiqué par de la peinture qu’il ne fallait pas manquer. Alors on a marché, marché, traversé la Rivière des Galets à deux ou trois reprises. Je ne savais pas vraiment (pas du tout, en fait) quand est-ce qu’on pouvait s’attendre à trouver le fameux raccourci.

Petit flash back. Lors du dîner au gîte, j’avais décrit notre trajet retour par cette fameuse Rivière des Galets, en empruntant la piste pour les 4×4 qui la longe et la traverse. Mais je me suis mal fait comprendre, et une voisine de table nous a dit « Oh mais est-ce que vous avez bien réservé votre retour en 4×4 ? Parce que c’est pas comme le bus où vous attendez et montez, il faut appeler avant. » Ce à quoi nous avons répondu : « Ah non non non, on va marcher, on a pas du tout l’intention de faire le retour en 4×4. » On en a reparlé le lendemain entre nous avec AA, en disant « non mais franchement, utiliser ces gros engins bruyants et qui polluent beaucoup, alors qu’on peut (et veut !) marcher dans cette belle nature, très peu pour nous. Blablabla-écoresponsables-blablabli-marcherc’estcool-blablablu. » Vous voyez le genre de discours hippie gauchiste bobo chic.

Sauf qu’il n’y a que les abruti(e)s qui ne changent pas d’avis. N’est-ce pas. On marchait et pataugeait donc depuis un moment (en gros, ça devenait un peu chiant) quand un magnifique, providentiel et divin pick-up s’est arrêté à notre hauteur. Le monsieur m’a demandé où on allait, alors je lui ai décrit le sentier que nous cherchions. Sa réaction : « Oh mais c’est à bien 1h30 – 2 heures de marche ça ! Je vous y dépose ? ». J’y croyais pas, c’était Noël avant l’heure. J’ai fait signe à Alice-Anne perchée sur son caillou, et on s’est installées, en oubliant ce que pouvait bien être une empreinte carbone.

J’ai décidé que notre sauveur s’appelait Théodule. Eh bien, il n’était pas aisé de discuter avec Théodule et son créole pur et dur du find fond de Mafate. Mais on a échangé un peu avec lui, et c’était bien sympathique. On a aussi bien rigolé quand on a traversé la rivière quelques fois, qu’est-ce que ça secouait là-dedans ! Après concertation, on s’est toutes les deux posé les mêmes questions pendant cet épisode motorisé : va-t-il nous demander de l’argent à la fin ? Quelques euros ou toutes nos économies ? Et si en fait il connaissait pas le chemin dont je parlais ? Et s’il ne s’arrêtait pas et nous emmenait je sais pas où ? Est-ce normal qu’il y a des tongs d’enfants sans enfant dedans à côté de mes pieds ? J’avais un peu honte de me demander tout ça. Théodule, peut-être l’une des meilleures personnes qu’il m’était donné de croiser sur mon chemin, propose gentiment son aide, et moi je me demande en combien de morceaux il va nous découper.

Théodule était bel et bien un adorable monsieur super content de faire un bout de sa route en bonne compagnie, de rentabiliser son déplacement, et de nous rendre un fier service. Le temps économisé nous a permis de ne pas faire la route Saint-Paul / Le Tampon de nuit, et ça c’était vraiment génial !

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S’assoir 30 minutes dans la banquette tout molle du pick-up était fabuleux. Que Dieu te bénisse, Théodule.

Il nous a donc déposées pile poil devant le sentier, on l’a remercié 50 fois, et nous n’avions plus qu’une petite heure de montée pour rejoindre la voiture. Par-fait !

Trek à Mafate option 4×4 gratuit : DONE !

°° Jeudi 10 août °°

On a vu Cilaos, on a crapahuté dans Mafate : il nous fallait arpenter Salazie. En route pour le gîte de Bélouve ! Fidèles lecteurs/trices que vous êtes, ça a fait tilt dans votre esprit : « article #20 Le Trou de Fer » 😉 Eh oui, c’est là où nous nous sommes garées pour profiter – de nouveau pour ma part – du superbe point de vue sur les cascades qui s’engouffrent dans cette dépression géologique (merci Wikipédia pour la jolie formulation). Intéressant ! Avec un total de 647 mètres de dénivelé en 5 paliers, l’une des chutes du site est la plus haute du territoire français. Elle n’a cependant n’a pas eu l’honneur de recevoir une appellation digne de ce nom : elle s’appelle la cascade du Bras Magasin. Franchement les gars, on avait pas mieux en magasin ? Tout comme notre première matinée dans Mafate, le temps était couvert et pluvieux par intermittence. Autrement dit : mystique.

OK super c’est cool, mais ça vous connaissez déjà. Quoi d’autre alors ? Eh bien Hell-Bourg. Hell-Bourg, c’est le nom du patelin qu’on est allées voir en descendant dans le cirque, quelques 550 mètres plus bas que le gîte de Bélouve. Ce lieu-dit était autrefois connu pour ses sources thermales, qui se sont hélas taries depuis un fort cyclone tropical en 1948. Le village reste très attrayant pour son côté pittoresque, en particulier grâce à la conservation de cases typiques bourgeoises de l’époque. Ils ont dû prévoir le coup, les malins. On en a visité une ainsi que son jardin, c’était chouette. Maman, tu aurais adoré, yavait de beaux vieux meubles en bois, genre notre chaise à cinq pattes à la maison. Je n’en ai pas les photos, mais on verra ça ensemble en vrai ❤ Magnéto.

J’entends d’ici vos réclamations : « Ouaiiiis nan mais attends, elle nous avait habitués à mieux, des photos de paysages dégagés, ensoleillés, des grands ciels bleus, nanani nanana… ». Eh oui mais les enfants, c’est pas toujours comme ça. D’autant plus qu’ici en août, c’est l’hiver austral, et je vous rappelle que Salazie, c’est le Nord-Est, et qui dit Nord-Est dit côte au vent, et donc météo très humide. Lot de consolation du jour : c’est pas super joli ce faux patchouli ? Je parle de l’arbuste tout fleuri mauve là, en plus ça sent divinement bon ce truc. On le voit déjà au tout début de cet article. Foilà foilà.

Et puis de toute façon, si vous attendez à peine quelques jours (ou pas du tout si vous êtes scandaleusement en retard et que l’article #26 est déjà sorti), alors vous en aurez encore, des photos avec un super beau temps 🙂

Des bisous à toutes et tous.

AA et Del

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