#19. Good Bye, Mafate! (Day 4, final)

Ceci est le dernier article de la série « Les Bronzés font du trekking », commencée à l’article 15 ! « Oh nooooon. »

Eh si. Il fallait bien que ce cauchemar se termine un jour 😀 Euuuh pardon. Même les meilleures choses ont une fin, disons. Je prends une petite avance sur la conclusion de cet épisode : la deuxième image vous présente le profil altimétrique (rien que ça) de nos trois jours et demi de trek !

Pour s’extirper de Mafate en allant vers Cilaos, il nous faut passer par le col de Caradhras, comme dirait Gandalf. Ou plutôt le col du Taïbit. J’imagine que c’est le même gugusse qui a choisi ce nom mais aussi celui de cet oiseau caractéristique sur l’île de La Réunion : le Paille-en-queue. On enchaîne sans transition avec les photos de la montée du col.

Nous voilà arrivés en haut, on perd la vue sur Mafate pour s’avancer dans le cirque de Cilaos… Enfin ! Regardez-moi ce déferlement de civilisation développée à outrance.

Comme vous pouvez le voir, on a vu une petite cabane où sont proposées – entre autres – deux tisanes : une montante et une descendante. Sympa ce concept ! Mais nous avons passé notre chemin rapidement, étant donné l’image très nette et très tentante dans notre esprit d’une douche bien chaude, ainsi que l’idée de ne rien faire du tout, genre 0 mètre de dénivelé et quelques mètres de distance, histoire de se déplacer du lit jusqu’au frigo.

Juste avant les ardoises de la cabane, vous pouvez voir trois pics rocheux côte-à-côte. Ce sont les Trois Salazes, une curiosité naturelle du coin, qui constituent un spot de choix pour les amateurs d’escalade.

Grâce au ciel, nous n’avons pas marché jusque la commune de Cilaos à pied mais « seulement » jusqu’à la première route qui nous est tombée sous le coude : la ô combien merveilleuse Départementale 242.

C’est lors du trajet en bus que nous avons eu notre deuxième pluie de quelques minutes. Chance ! Un peu plus de deux heures après avoir atteint l’arrêt de bus « Sentier Marla », nous étions de retour à la voiture laissée près de la gare routière de Saint-Louis. On avait une légère appréhension… Serait-elle toujours là ? Est-ce qu’on nous aurait crevé les pneus, rayé la carrosserie, cassé le pare-brise, aurait-elle brûlé ? Mais on s’en est plutôt bien sortis. On a même eu droit à une oeuvre d’art éphémère dans toute sa magnificence la plus audacieuse du monde contemporain.

20170406_123042*** Le mot de la fin
Des bites.

 


Epilogue

On sort tous les deux super grandis de cette aventure qui était, je le rappelle, notre premier trek ! Nous pourrons en retenir deux points principaux :

  1. Mafate, c’est somptueux.
  2. Mais ça fait mal.

En dehors de ça, il y a bien sûr d’autres conclusions à tirer. Genre, ne pas suivre des gens aveuglément. BUZZ : j’ai omis quelques passages lors de cette narration des plus palpitantes. Par exemple, j’ai oublié de raconter comment on s’est perdus lors de la première journée, au niveau de la Rivière des Galets. On ne trouvait plus les balises, alors je suis allée demander conseil à deux nanas qui pique-niquaient. L’une d’elle m’a indiqué la direction, sûre d’elle, avec son geste assuré de la main là, « c’est par là ». OK. On y est allés, « y » désignant nulle part. On trouvait pas de passage, pas de peinture, que dalle. Elles nous ont rejoints plus tard, l’air aussi éclairé que nous, et je leur ai demandé si elles connaissaient bien cette rando : « Ah non non, on est jamais venues ici, on est en vacances. »

Calme

Voilà voilà, c’est donc comme ça qu’on a perdu 45 minutes à écouter des gens qui n’ont même pas l’honnêteté de dire qu’ils ne savent pas où ils vont ni comment, et c’est aussi comme ça qu’on se retrouve à traverser une rivière plusieurs fois plutôt qu’une… Que ces meufs aillent brûler en enfer.

Quoi d’autre. Je suis contente qu’on ne se soit pas entretués avec Marcelou, pas que je m’y attendais mais avec la fatigue, le ras-le-bol, le fait de se perdre ou de manquer d’eau, ça aurait pu finir en duel avec mise à mort finale, tout ça.

Autre surprise : je ne me suis pas ennuyée du tout et je me demande encore comment c’est possible. Je veux dire, quand on marche pendant huit heures à deux, oui on discute mais pas tout du long non plus. Alors je me suis fait des sessions de vidage de cerveau (j’ai vraiment de la peine à faire ce genre de choses, moi qui suis surmenée intellectuellement), en mode novice de la méditation, de la zénitude, de ne faire qu’un avec la nature, d’écouter son corps et ses sensations, tout ça tout ça. Et à l’inverse, j’ai repensé à des millions de trucs. Des trucs genre des gens – comme vous là, qui lisez : ma maman, mon papa, mon Nono, ma famille plus largement, mes amis, la famille de Marcelou, ce bon vieil IBMC – ou à des trucs comme des souvenirs, des idées. Exemples : à quel point la thèse c’était génial et tellement nul parfois simultanément, à qui je n’ai pas demandé de nouvelles depuis un moment, comment ai-je pu avoir un jour la flemme de sortir une poubelle alors que ça ne prend que 2 minutes et que je suis apparemment capable de marcher pendant des heures, vais-je un jour redébarquer dans un labo de recherche, pour étudier quoi, ou changer plus ou moins de voie… *pensive*

Je m’interroge aussi sur autre chose.

Old Planisphère
Où est ma tong gauche ?

Coincée dans des cailloux dans le cirque ? Flottant au niveau du Port, polluant ainsi l’océan ? A des milliers de kimolètres, subissant les vents, les marées, les tempêtes ? Miraculeusement déposée dans une poubelle par une personne éco-responsable ? Le mystère reste entier.

Voilà qui m’amène à ma conclusion un peu plus personnelle et qui peut paraître un peu grandiloquente (quoique, vous avez été plusieurs à le souligner) : j’ai dépassé mes limites physiques. Je ne me serais jamais crue capable de crapahuter autant, aussi longtemps, en ayant aussi mal partout. Bon c’est vrai, j’ai pété mon petit plomb en passant, mais comme ça vous avez la preuve que oui, je ne suis finalement qu’un être humain, pour ceux qui en doutaient.

Sur ce, je vous laisse ! Au plaisir incommensurable d’explorer le cirque de Mafate de nouveau… mais avec vous 😉

Delphine

PS : je remercie mon Nono pour avoir amélioré ma petite retouche photo !
PS2 : I thank Dan (Iconian Fonts), the person who created the font I used for the picture editing =) (http://www.dafont.com/fr/search.php?q=incognito)

CELUI LA

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. peredeborde dit :

    Comment ça vous avez pris le bus pour rentrer? c’était pas en aller retour ?

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    1. intotherhum dit :

      Alors en fait on a roulé jusque Saint-Louis, c’est là où on a laissé la voiture. On a pris ensuite un bus pour aller au début de notre trek. Faibles que nous sommes, on s’est contentés de seulement traverser le cirque, ensuite bus pour rejoindre la voiture. Faire ce trajet à pied aurait rajouté une dizaine d’heures de marche 😉

      J'aime

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