#14. Cinquante nuances de coco

Article réservé à un public averti.

Le 22 mars, c’est-à-dire le deuxième jour de l’automne et le lendemain de la visite du Domaine du Café Grillé, j’avais droit à ma deuxième petite visite surprise prévue par Marcel à la Maison du Coco. Située dans le Domaine de la Pointe des Châteaux, à Saint-Leu, cette cocoteraie (ce mot est rigolo non ?) propose de faire découvrir aux visiteurs tout ce que l’on peut exploiter d’un cocotier.
 » Vous avez réservé pour l’atelier de 14 heures ?
_ C’est bien ça ! »
Hein quoi, un atelier ? Cette nouvelle m’a hautement inquiétée, moi qui me préparais surtout à ne rien faire, ou alors seulement à me promener dans un genre d’expo’ en plein air, voire, si on insistait vraiment, à boire du punch coco.

La quinzaine de profanes en matière de noix de coco et plus si affinités que nous étions a commencé à en apprendre un peu plus sur le cocotier grâce à notre experte du jour, Sophie. Elle nous a expliqué qu’il existe plus de 1000 espèces de cocotiers différents dans le monde dont 120 sont présentes sur l’île de La Réunion. Elles se caractérisent par des noix de différentes couleurs et tailles (je vois d’ici vos sourires coquins), etc. Il y avait aussi une histoire de cicatrices sur les troncs qui, selon les cocotiers, équivalent à 1 ou 2 mois d’âge ou à des pratiques peu recommandables. Je me demande si ça ne concerne pas une différences entre les Grands cocotiers et les cocotiers Nains… Bref, j’ai été impressionnée par leurs besoins en eau : jusqu’à 250 litres par jour ! Et j’ai été perplexe lorsque Sophie a dit d’un ton évident presque vexant : « Le cocotier n’est pas un arbre puisqu’il fait partie de la famille des palmiers ».

Mais c'est quoi un arbre ?
Mais du coup c’est quoi un arbre ?

Les cocotiers ne créent pas de dégâts à cause de leurs racines qui remonteraient pour traverser votre magnifique nouvelle terrasse, contrairement aux bambous qu’on a pu voir dans le jardin du Domaine du Café Grillé. Figurez-vous que ces derniers peuvent détruire des piscines, et on rapporte même que le plus téméraire d’entre eux a réussi à apparaître dans la cuvette de toilettes d’un malchanceux. Sachant qu’ils peuvent croître de quelques centimètres à 1 mètres par jour, ça peut faire une drôle de surprise au moment du popo du matin. Bref, revenons à nos noix.

Nous avons commencé par un petit tressage à l’aide des feuilles. Ceux que nous avons pu voir sur le site étaient vraiment chouettes, mais nous on a commencé par l’atelier « pour les nuls » avec la confection d’un magnifique poisson. Repérez la côté lisse de la feuille pour faire un joli poisson brillant, révisez votre droite de votre gauche (n’est-ce pas Carole, même si tu n’étais pas là, on se comprend), et vous devriez vous en sortir vivants, ou peut-être un peu éprouvés à force de rire car votre oeuvre n’en est pas une.

Ces activités n’étaient pas inclues dans l’atelier, mais les feuilles de cocotiers étaient aussi utilisées pour faire le ménage et châtier les enfants insupportables. Dommage.

Fini de rigoler, les choses sérieuses ont démarré juste après. Sophie nous explique la sexualité du coco : les fleurs mâles et les fleurs femelles, que l’on trouve dans des « balais », donneront naissance à la fameuse noix qui nous intéresse. Noix qui comporte trois marques rondes, si vous voyez de quoi je parle, qui sont des pores germinatifs. Ne me demandez pas comment ça marche hein, chacun son job, moi je vous répète ce dont je me rappelle et c’est déjà pas mal.

Il faut éplucher la noix. Eh oui. Sophie nous a dit que les gens doués et pressés peuvent faire ça en 5 secondes mais bon, prendre son temps et ne pas s’ouvrir la main est une option tentante. A l’aide d’un genre de piolet planté dans une roue de voiture, elle a solitairement épluché deux noix vu que personne n’a osé se lancer. Désolée Sophie mais ton truc avait l’air redoutable et bien trop instable pour les mains gauches que nous sommes.

Le saviez-vous ? Si vous voulez acheter une noix de coco épluchée sur le marché, veillez bien à ce qu’il reste suffisamment de paille au niveau de la pointe. Sans cela, votre noix risquerait d’être moisie. Et ne l’achetez pas plus de 3 euros, vous vous feriez avoir comme des touristes qui n’y connaissent rien.

Ensuite, il faut casser les noix. Je connais des gens qui font ça très bien juste en parlant, mais là, il vous faut un gros caillou ou une machette. La clé du succès est de viser l’un des trois traits visibles sur la noix et de poser un récipient en dessous pour récolter l’eau qui en sortira. Une première tape sur la première ligne peut suffire, sinon tournez votre noix et tapez de nouveau sur la ligne suivante.

Tadaaa ! Votre noix est ouverte et si vous n’avez pas été trop nul, vous avez récolté de l’eau. Vous pouvez la boire – c’est délicieux et rafraîchissant – ou la garder pour cuisiner héhé, c’est ce que nous avons fait mais ce sera pour plus tard. A noter qu’il est préférable de boire l’eau d’une noix plutôt jeune (je crois bien qu’un cocotier met 10 ans pour faire une noix alors il faut déguster s’il-vous-plaît !). Celle d’une noix plus vieille est plus sujette à ne pas être consommable à cause du développement de micro-organismes. Sniffez bien votre eau avant de la goûter pour vérifier l’absence d’une odeur suspecte.

Naturellement, vous pouvez manger la chair de la noix de coco. On a essayé de la râper à la main mais c’était franchement pas évident, alors Sophie a eu pitié de nous et a fini le travail avec une râpe électrique. Miam.

On peut aussi presser la chair de coco pour, pour ? Quelqu’un ? C’est ça, pour en extraire le lait. De nouveau, on peut le boire tel quel ou bien – beaucoup plus intéressant – préparer un punch coco. Du lait fraîchement pressé, un peu de rhum et du sucre de canne et l’apéro vous est offert. Voire un deuxième si vous avez la chance d’avoir dans votre groupe des enfants qui ne boivent pas encore d’alcool, les pauvres, et une femme qui a préféré être enceinte. Un régal ! Enfin, la chair pressée peut-être utilisée pour faire de la farine… Rien ne se perd !

J’ai oublié de parler du sucre et de la mélasse de coco. On a pu en gouter, moi j’étais pas trop fan mais certains ont adoré.

L’un des produits très en vogue est l’huile de noix de coco que l’on obtient à partir de la coprah, c’est-à-dire l’albumen séché, c’est-à-dire la chair séchée. On peut la consommer ou s’en servir en cosmétique pour la peau et les cheveux. Elle protège légèrement des UV et contient de l’acide salicylique. Elle sent divinement bon !

La coque de la noix elle-même peut être utilisée pour créer un objet décoratif, une lampe, un cendrier (« pas bieeen »)… Perso moi je les coupe en deux pour me faire des soutifs.

Sacoche
Ou une sacoche !

Le clou gastronomique de la journée : nous avons préparé des rochers coco ❤ ❤ ❤ De la noix de coco râpée, un peu d’eau de coco, du sucre. On mélange. On façonne amoureusement des boules (suivez votre coeur pour la taille) que l’on fait cuire au four.

20170322_153155* rochers coco
Fait par des enfants non payés, c’est encore meilleur !

Pendant les 20 minutes de cuisson, nous nous sommes promenés sur le site où l’on peut voir un jardin botanique, un potager, des dindons moches, des pitits napins trop chous (mais c’est de la discrimination !), des cochons un peu enrobés, des méchantes biquettes et des ânes trop chous, eux aussi.

Fin de la balade : on a fini par retrouver Sophie qui nous cherchait pour nous nourrir de rochers coco. Une tuerie !!! Nous projetons d’acheter une noix ou deux sur le marché, maintenant que la noix de coco nous a livré tous ses secrets, même les plus sombres 😉

Delphine

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. PIATON Luc dit :

    Comme dab je suis en phase avec ton humour et c’est vrai que la ressemblance avec Emma Stone est frappante. Tu as de la chance ça aurait pu être Susan Boyle. Merci Dame Nature. J’ai appris pleins de choses par ton biais et j’attends avec impatience la photo de ton soutif coco. Si je peux apporter ma pierre à l’édifice, « coco » en créole haïtien désigne vulgairement le vagin d’une femme. Là on est pas hors sujet avec le thème des 50 nuances…
    Sinon dans le genre humour et second degré je ne peux que te conseiller mon blog décallé de PAFDA (Père Au Foyer Débordé Anonyme). J’y dispense des conseils pour les PAF et les MAF mais pas les MILF sur comment occuper ses marmots, gérer au mieux la CDCUC (Charge De Corvées Ultra-Chiantes) pour se dégager du temps à buller at home. RDV sur http://www.peredeborde.com
    Pour ne perdre aucune miette de mes aventures largement moins exotiques que les tiennes, mais tout aussi palpitantes, pourquoi ne pas s’inscrire sur ma newsletter. J’invite d’ailleurs tous tes lecteurs à faire de même.
    Gros bisous métropolitanisées.

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    1. intotherhum dit :

      J’ai bien ri en lisant ton commentaire, merci cousin 😉 Oui c’est sûr que si tu trouves la ressemblance frappante, je suis flattée et ne me plaindrai pas 😀 Au plaisir de te lire à mon tour sur ton site.
      Gros bisous !

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