#13. Café Bourbon: what else?

C’est un jour de vacances pour Marcel aujourd’hui qui me fait la surprise d’aller au Domaine du Café Grillé, dans notre belle région du sud. L’idée de la visite lui vient du guide du Routard (le cadeau de Noël est rentabilisé), et il faut dire que ça en valait le court déplacement jusque Saint-Pierre.

Un immense hall nous accueille avec sa boutique, son bar à café et à confiseries – telles que macarons au café ou au caramel beurre salé (sliourp) -, et un grand espace dégustation. Banquettes en matériaux de récup’, expo de vieilles machines à café, tout y est !

La visite guidée commence et nous avons droit à notre film sur le b.a.-ba du café et sa torréfaction dans le coin vidéo. Le petit film amateur nous présente les différentes étapes avant d’arriver à la tasse de café tant appréciée. L’arabica, qui donnera un café plutôt doux et fruité, permet une récolte environ sept mois après la floraison. C’est un peu plus long pour le robusta qui nécessite une dizaine de mois pour arriver à maturité. La récolte peut se faire à la main ou être mécanisée. Dans ce dernier cas, le café est plus amer car il contient aussi les fruits – appelés cerises – pas encore tout à fait mûrs. Les cerises récoltées à la main permettent donc d’obtenir un café de meilleure qualité.

Les cerises sont lavées, séchées, puis torréfiées. Tout simplement, la torréfaction consiste à griller les grains à très haute température pour en libérer l’arôme. Ils sont ensuite moulus. Chaque étape confère une certaine qualité au café final. Par exemple, un café moulu et bu quelques minutes après sera meilleur qu’un café moulu, mis en sachet, acheté, oublié au fond d’un placard et consommé plusieurs jours voire plusieurs semaines après le moulage… non, la moulure… euh, non plus… la mouture ! Le choix de l’eau est important également : ici, on ne jure que par l’eau de source « Australine » pour boire son café, dans une tasse préalablement chauffée bien évidemment, sinon on casse l’arôme ! Je ne doute pas un seul instant que tout lecteur de ces lignes n’omet cette étape cruciale.

Nous sortons du hall accueillant pour nous diriger vers le jardin de quatre hectares et ses 10000 moustiques assoiffés de sang frais, féminin et B négatif de préférence (constat personnel). La surprise est de taille quand nous commençons à arpenter le chemin cerné de magnifiques ornements. Le guide nous indique la logique du jardin qui est comme un voyage dans le temps, avec pour commencer le plus moderne, pour aller vers le plus ancien. C’est parfois peu d’utile pour beaucoup d’agréable avec des fleurs par dizaines d’espèces ! A part la première photo qui montre une fleur de frangipanier, aucune idée des noms de tout ce qu’on a vu… le guide ne cesse de nous donner les noms classiques et latins de nombreuses plantes. Sur le coup, optimistes, on se dit qu’on retiendra tout parce qu’on est super attentifs, et au final… On ne sait plus rien. Comme à l’école, quoi.

Il s’ensuit la partie « jardin de grand-mère » avec des plantes plus anciennes et toujours très fleuries dans l’ensemble. Beaucoup d’entre elles sont utilisées pour la cosmétique (pour nourrir la peau, les cheveux, les hydrater, se parfumer), comme l’ylang-ylang, ou pour la santé : tisanes quand on est malade, mixtures pour panser une plaie, apporter des antioxydants à son organisme, se droguer quand on manque de créativité ou de détente (rayer la mention inutile).

La partie « jardin du grand-père » est elle beaucoup plus pragmatique (voilà ce qui arrive quand je laisse le clavier à Marcel ^_^) : fruits et légumes font ici légion et nous goûtons aux divers kumquats, citrons, jamblons et autres fruits dont les noms nous ont échappé. Il faut dire que visite sous le soleil nous torréfie le peu de neurones qu’il nous reste. Il y a aussi une reconstitution d’une case originelle dans son jardin classique d’arbres nourriciers (bananiers, maniocs, etc). Autour de cette habitation se trouve la partie « forêt primaire » et c’est là que nous constatons l’importance et la portée des agencements du Domaine du Café Grillé. Les arbres endémiques de la Réunion sont très souples, ils plient à l’extrême sans casser, d’où leur résistance aux cyclones. C’est en éparpillant ces arbres sur une parcelle qu’à l’avenir habitations et plantations souffriront moins des dégâts du vent pouvant atteindre les 250 voire 300 km/h en rafales. Ces dégâts répétés ont causé l’arrêt de la diversification agricole de la Réunion en ne gardant que la culture de la canne à sucre, plus robuste aux tempêtes et donc plus rentable. Hélas, elle appauvrit considérablement les sols et n’exploite pas la fertilité exceptionnelle de cette terre volcanique.

Et enfin, les voici les voilà, les caféiers ! Leur culture a commencé au 18ème siècle sur l’île qui s’appelle alors Bourbon. On y envoyais de nombreux esclaves pour faire prospérer la colonie : la culture du café était alors la première grande culture de l’île. A partir des années 1810, c’est la culture de la canne à sucre qui prend l’avantage.

Nous sommes pendus aux lèvres du guide qui raconte non sans passion de multiples rebondissements historiques liés à la culture du café ou plutôt des cafés d’ailleurs : l’impact des navigateurs, des guerres, des vols ou transports de plans de café, leurs origines géographiques discutées, leur succès auprès de Robespierre et ses potes révolutionnaires au Café des Artistes à Paris, etc etc… Vous auriez adoré.

Fin de la visite ! Deux cafés à la carte : café bourbon rond ou café bourbon pointu ? Nous avons commandé un de chaque (avec des macarons :D) pour comparer. Pour nous, ce sera rond !

IMG_2326

Marphine

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. clemmm dit :

    Ca avait l’air sympa et intéressant comme visite 😉

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    1. intotherhum dit :

      ça l’était ! J’aurais aimé mieux me souvenir ou alors il faut que je passe à l’étape suivante de la vraie bloggeuse : prendre des notes !

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