#7. De vulcanologues en herbe à professionnels

PARTIE I : « Les vulcanologues en herbe »

Vendredi 27 janvier. Il est temps d’aller mettre nos mains là où elles n’ont jamais mis les pieds : sur le Piton de la Fournaise. Suite à une proposition de sortie de Marcel approuvée à l’unanimité par la colocation temporaire d’Alsaciens bien tamponnés, nous prenons la route en fin de journée pour rejoindre le gîte du Volcan, aussi appelé gîte du Pas de Bellecombe. Le coffre est blindé de sandwichs, chips, vin et noix cajou pour une soirée digne de ce nom.

On grimpe, on grimpe, pendant environ 1h15. La nuit tombe vite et nous n’avons pas la moindre idée de l’allure du paysage, annoncé comme superbe par le génial Marc. L’état de la route est un peu chaotique, elle est large mais bien gondolée. Tout sommeil est impossible (AAAAAAH !!! A la seconde où j’écris ces lignes, le soir du mardi 31 janvier, le volcan entre en éruption !!! Il faut qu’on aille voir ça 😀 😀 😀 … Ce sera pour la fin de cet article, et pour la peine, je rallonge le titre).

On finit par arriver au gîte, qui n’est pas du tout miteux comme je l’avais imaginé. Il y a en tout cinq dortoirs et nous en avons un pour nous, avec deux lits superposés. C’est l’heure de l’apéro. Je vous laisse.

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Marc Photography

Plusieurs petits groupes arrivent au chalet, tout d’abord deux couples peu causants (ou carrément boring, si vous voulez mon avis), puis un groupe de cinq Bretons qui n’ont eu besoin que d’une quinzaine de secondes pour nous inviter boire le rhum arrangé du grand-père, à l’extérieur… Ce que nous faisons après une partie de cartes. Le rhum est tellement sucré qu’il se boit tout seul, le genre bien bien piégeux. Photographes et non photographes investissent ensuite le jardin pour être moins gênés par la minime pollution lumineuse et admirer un ciel absolument merveilleux… La voie lactée était bien visible, les constellations ont rarement été aussi nettes. Et c’est dingue comme les étoiles sont beaucoup plus nombreuses quand je porte mes lunettes. Je me permets d’utiliser ce cliché pris par Marc qui est juste superbe (oui, je te lance des fleurs).

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Marc Photography

Il est l’heure d’aller au lit. C’est pas le tout de jouer aux cartes, de boire du vin et du rhum, mais l’alarme est prévue pour 4h45…

Samedi 28 janvier. Marcel a sournoisement mis son réveil à 4h33 et nous lui en voudrons pour toujours. Je me lève 12 minutes plus tard, p’tit dèj, et c’est parti pour quelques heures de marche. Les premières 20 minutes sont toujours très sombres. Le soleil pointe son nez doucement mais sûrement… et on découvre le paysage qui entourait le gîte, en nous approchant de l’enclos. Dis comme ça, ça fait un peu King Kong (ou Jurassic Parc, au choix), mais en fait ça désigne toute la zone à l’intérieur des remparts naturels, des falaises quoi, qui entourent le volcan. Leur hauteur varie de 100 à 400 mètres. Faut pas tomber.

Sur la dernière photo de cette série, vous voyez les différents itinéraires que l’on peut prendre. Nous avons suivi le rose, bien évidemment, qui mène tout en haut, tout au bord du cratère. GO !

Au total, il me semble qu’on a dû marcher environ trois heures pour atteindre notre Mordor. Regardez comme c’est beau, et comme ça fume au fond du cratère.

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Sans transition,
PARTIE II : « Les vulcanologues professionnels »

Reprenons. Trois jours après notre escapade, voilà que le volcan se réveille. Il est déjà tard pour partir cash, alors on a fait une bonne grosse nuit de sommeil, Marcel et moi, pour partir à 2 heures du matin le 1er février… Mais pourquoi si tôt, diantre ? Alors le but c’est de voir l’éruption de nuit, histoire de bien profiter de la lumière de la lave dans l’obscurité, bien sûr. Et à La Réunion, le risque d’aller en altitude trop tard (mettons après 10 heures du matin), ben ya des nuages partout et on ne profite pas de la vue. Par exemple, vous pouviez voir l’océan dans la partie I parce qu’il était encore tôt. En revanche, en redescendant plus tard par le même chemin, impossible de voir si loin à cause de l’ennuagement. Bref.

On repart donc pour une heure de voiture suivie de deux heures de marche. Descendre dans l’enclos est interdit en cas d’éruption (évidemment, certains s’en fichent), nous longeons donc la falaise vers le sud est, là où a lieu l’éruption. Ce n’est pas dans le cratère principal Dolomieu, mais sur son flanc, près d’un cône qui s’appelle le Château Fort. Des lueurs rougeâtres sont visibles dans le ciel bien avant de se garer… on a pas bien les yeux en face des trous après moins de trois heures de sommeil, mais l’excitation monte ! Il y a pas mal de voitures sur le parking, et après un certain nombre de « bonjour » et de « bonsoir » (personne n’a su choisir), on distingue enfin la lave émise à une trentaine de mètres de hauteur… waouh *o* on aurait pu marcher moins longtemps, mais on tenait à être le mieux placés possibles, entre trépieds de photographes et personnes endormies, emmitouflées dans leurs duvets.

Eh ben je peux vous dire que de nuit au Piton, on se caille les miches. Je remercie le ciel que ma veste de ski (merci Jana ❤ ) était toujours dans le coffre de la voiture. Ça donnait envie de se rapprocher pour se réchauffer comme au coin du feu, mais disons qu’il y avait une falaise à franchir et éventuellement 38 euros d’amende à payer. Très dissuasif… 😉

Le jour se lève tout doucement et on se réjouit à l’idée de gagner quelques degrés. Je pensais que l’éruption serait moins visible, mais l’effusion est tout de même restée très lumineuse. Au fait, j’oubliais de vous dire un truc. Une éruption, ça sent mauvais. L’odeur de soufre est perceptible d’assez loin. De plus en plus d’hélicoptères et de petits avions survolent le Piton de la Fournaise, soit l’éruption depuis la première classe. Nous restons de 5 heures à 6 heures 15 pour admirer le spectacle, et on retourne à la voiture.

Grandiose non ?!?!  🙂 Allez, quelques petites photos encore sur le chemin du retour, et c’en est fini de cet article interminable.

Delphine

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Clemmm dit :

    Wahou, c’est impressionant. Superbes photos, merci pour le reportage !

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  2. Ray dit :

    Super images, on a juste envie d’y retourner

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    1. intotherhum dit :

      Vous êtes les bienvenus !

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