#6. J’peux pas, j’ai dauphin

Voilà presque deux semaines maintenant que nous « likons » la page Facebook de Réunion Plongée, un centre de plongée comme vous l’aurez compris, basé sur Saint-Leu. Les avis des clients sont enthousiastes, que ce soit pour les baptêmes de plongée avec bouteille ou les sorties pour observer des cétacés. Et voilà que, la semaine dernière, ce message apparaît sur notre fil d’actualités :

« Nous vous rappelons qu’il reste 4 places pour la sortie dauphins du 25 janvier ! Contactez-nous pour réserver ! ».

J’ai regardé Marcel, il m’a regardée, on s’est regardés, et Marcel a attrapé son téléphone en plein vol pour réserver. BIIIM ! Je décide de partir du principe qu’on fera un tour de bateau interminable pour n’observer aucun dauphin, histoire de ne pas être déçue. Le soir du mardi 24 arrive, et c’est le moment d’y repenser et de préparer nos affaires. Je découvre avec effroi que nous devons être sur place à 7 heures. 7 heures du matin à Saint-Leu, c’est-à-dire à 40 minutes de route O.o . Donc départ 6 heures et quart, lever 5 heures 45. Ah naaan.

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Spéciale dédicace à Annie, mon doudou

J’ai passé une nuit délicieuse à regarder le plafond, la moustiquaire, à écouter Marcel avec sa paisible et profonde respiration, agaçante au plus haut point. Il y a des fois comme ça où, rien à faire, on passe des heures à se dire qu’il fait chaud et que, peut-être, si en roulant sur le ventre finalement, le sommeil va venir comme par enchantement. Et puis non.

Le réveil sonne enfin (je ne pensais pas écrire ça un jour), on saute dans nos maillots de bain, tongs et crème solaire 50+ Résisto Enfants, direction Saint-Leu.

Oh, mais voilà qui me fait penser à un truc. On l’a, elle est arrivée !!! La voiture de Marcel 😀 Eh oui, nous avons dit au revoir à notre foudre de guerre. Il était fatigué, bruyant, mettait du gaz tout seul et n’avait pas de radar de recul, mais nous le regretterons, lui et ses autocollants verts à l’effigie du garage qui nous l’a loué. Pour faire court, parce que bon on a autre chose à lire là, on a pu récupérer la voiture avec les quelques trucs qu’on avait mis dedans (ô joie) : un parapluie, des chaussures et vestes encombrantes, mon hamac (merci encore les amis, inauguration imminente !) et un grand sac rempli de matériel de couture et de broderie. J’avais accroché le sac avec l’antivol de Boule de Neige 3 pour qu’on ne me l’embarque pas, mais je l’ai quand même retrouvé grand ouvert. A croire que les marins n’avaient pas envie de finir mes kits de point de croix…

Voilà voilà, nous prenons donc la route à dos de Golf neuve, silencieuse, confortable… On avait presque oublié ce que c’était ! Pour m’embêter, Marcel a allumé le chauffage de mon siège, et j’ai trouvé ça plutôt mesquin.

Plus tard, équipés d’une combinaison, de palmes, masque et tuba, nous partons pour la traque aux dauphins. Le monsieur nous explique que, là où nous allons, trois types de dauphins peuvent être rencontrés :
_  le dauphin à bec long, alias Stenella longirostris, jusqu’à 2 mètres et 120 kg,
_ le dauphin commun de l’indo-pacifique, ou Tursiops aduncus, jusqu’à 2,80 mètres pour 230 kg,
_ et le grand dauphin, c’est-à-dire Flipper, dont la taille peut atteindre 4 mètres, vous imaginez ??? Les plus costauds pèsent 500 kg. Appelez-le Tursiops truncatus, ça fait son petit effet en soirée mondaine. Je ne vous cache pas que je suis un peu déçue de ne pas avoir pu placer un Delphinus quelque chose, mais la vérité aurait éclaté tôt ou tard. Ah, je peux caser qu’il ne faut pas confondre le dauphin à bec long avec le dauphin commun à bec long, qui lui s’appelle Delphinus capensis :D. Outre leur taille, chacun a ses petites particularités anatomiques (protubérance sur le nez ou pas, robe, présence de taches) et comportementales (taille du banc, plus ou moins timides, conformistes, persévérants, etc).

Le petit groupe d’une dizaine d’Homo sapiens que nous sommes prend place dans le bateau pneumatique semi-rigide pour une sortie d’environ trois heures. Pendant trois quarts d’heure, nous avons scruté l’eau pour repérer des éclaboussures, des ailerons, ou carrément un dauphin tout entier qui saute.

Myope comme une taupe, je n’ai bien évidemment pas été le périscope dernier cri de l’expédition (quoique quand même, j’ai vu deux tortues !). Ce qui m’a personnellement alertée sur la présence de dauphins fut l’arrêt du bateau (pas bête, hein ?). Je ne vois toujours rien pendant quelques secondes où le monsieur nous explique qu’un dauphin peut se trouver dans l’une des quatre phases suivantes : phase de voyage, de nourriture, de repos, ou de jeu. Bien sûr, la phase propice à une telle sortie est celle du jeu car les dauphins vont s’intéresser à nous. Et je les vois enfin, comme dans les films, des dos et des ailerons qui fendent élégamment les vagues… Waaah *o*

Notre guide nous explique qu’il va se mettre à l’eau le premier, d’une part pour nous montrer comment faire, mais aussi pour vérifier que la visibilité sous l’eau est bonne. Si elle ne l’était pas, ce serait ballot parce qu’on ne pourrait voir ni les dauphins (c’est quand même le but), ni les autres bêtes à aileron qui ne font pas l’objet de notre sortie.

C’est bon, on se glisse à l’eau le plus doucement possible, on reste en groupe et on nage doucement vers les dauphins. En tout, nous sommes allés à l’eau à trois reprises pour les observer, un total de 25 minutes d’observation… C’était magique ! Ils étaient entre quatre et six, selon le moment, en phase de jeu. Ceux qui nous ont fait cet honneur étaient les dauphins de l’indo-pacifique, peu timides avec les plongeurs. Nous avons pu les voir se gratouiller au fond de l’eau, dans le sable, à plus ou moins 10 mètres de profondeur. C’est ce qu’ils font pour se débarrasser des parasites qui les auraient choisis comme monture. Leurs remontées vers la surface, pour respirer, étaient les moments où nous pouvions les voir au plus près. Ce devait être la deuxième fois de ma vie que je nageais avec des palmes, je n’étais pas donc super à l’aise. En plus de ça, il fallait nager sans les bras pour ne pas contrarier les dauphins, tout un défi. Et, encore en plus de ça, j’avais des courbatures de mon jogging de la veille, aux cuisses. Bref. Je dirais qu’au plus proche, j’ai été à trois mètres de l’un d’eux, ce qui m’a fait péniblement articuler un « Oh put*in » dans mon tuba. Marcel, plus à l’aise que moi, a pu les approcher un peu mieux et prendre des vidéos. Grandiose… Place aux images !

Vidéo de Marcel :

Vidéo du guide pendant notre sortie :

Delphinus

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Superbe article! Et la vidéo de Marcel est tout simplement magique…. J’étais avec vous sous l’eau, ç’a été un vrai beau moment pour moi. Je ne peux qu’imaginer ce que ç’a pu être pour vous ‘en vrai’! 🙂

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