#5. A couple gone wild

Mercredi 18 janvier, on se lève incroyablement tôt (5h30 heure de métropole, je ne plaisante pas !) pour une promenade annoncée comme une surprise par Marcel. Maillot de bain et tenue de randonnée impératifs, je n’en saurai pas plus. Nous prenons la route durant laquelle je me tartine de crème solaire du front jusqu’aux chevilles. Seulement de la 30. Après une semaine sur cette île, mon très sérieux « Non mais attends, de la 50 et rien d’autre, on va cramer sinon » est progressivement devenu « Oui bon, un peu de 30 fera bien l’affaire » (Flash forward : c’était pas ma meilleure idée). Baskets La Sportiva OK, maillot OK, crème OK, Camel back rempli de rhum arrangé OK… (Allez, deuxième flash forward : un élément crucial manque dans cette liste… je ménage mon petit suspense).

On se dirige vers l’Ouest, Saint-Gilles pour être précise, près du lieu-dit de l’Eperon pour être très précise. Après quelques mètres de marche le long de la route pour rejoindre le sentier qui nous mènerait vers notre magnifique matinée, le nom d’un snack trahit le point fort de l’excursion : « Les cascades ». C’est parti 😀 Le petit chemin de terre nous mène devant une pancarte « accès interdit », qu’on a fait semblant de ne pas voir, puis vers un bien curieux canal qui devient notre route vers le premier bassin. Nous marchons une vingtaine de minutes dans le canal asséché (La Réunion vit une grosse période de sécheresse en ce moment), sur son rebord et parfois dans des petits tunnels où Marcel s’est fièrement équipé de sa lampe frontale. Les bassins nous attendent en contrebas, alors nous prenons un sentier bien pentu pour nous en rapprocher.

En bas, nous trouvons un deuxième canal qui lui est bien rempli d’eau. On marche sur un rebord, ou sur l’autre en sautant élégamment par-dessus l’eau, si un énorme rocher (ou une personne assise qui n’a pas l’impression de déranger, ça dépend) bloque le passage. La circulation devient difficile tellement c’est fréquenté : il semblerait que les gens adorent les promenades interdites. Surtout quand elles nous amènent à ce genre d’endroits… * roulements de tambour * Voici le bassin de l’Aigrette.

Alerte spoiler : ce bassin est aussi visible dans la vidéo en bas de l’article ! L’eau était bien bien fraîche, le genre qui brûle presque. On ne voit pas très bien ce qu’il y a au loin sur les photos de la GoPro, mais sur la troisième, il y a une nana assise tout près de la cascade. Elle a vendu du rêve, en donnant l’illusion de gérer la situation à mort. Elle nage seule vers la chute d’eau, prétendant que non, ces immenses tentacules de végétation aquatique dégueulasse ne la rebutent point dans sa quête de gloire. Elle atteint les pierres, se lève précautionneusement, perd l’équilibre, le retrouve, le reperd, et tombe pitoyablement dans les cailloux, en priant pour ne pas devoir appeler un hélicoptère du SAMU. Vous savez comment je le sais ? Eh oui. Cette meuf, c’est moi. Finalement, cette eau froide est bien agréable sur mon tibia. Je saigne, et ça gonfle. La blessure est terrible, digne de John Rambo pendant la guerre du Vietnam. Quelque peu calmée car cette cascade (lol), je décide qu’il est temps de découvrir un autre bassin.

Et c’est là qu’on s’est perdus.

Mais pas très longtemps, parce qu’on a rencontré des gens qui nous ont aidés à trouver un sens de l’orientation particulièrement développé au milieu d’une jungle où nous n’avons jamais mis les pieds. Les indications d’un monsieur qui fumait quelque chose d’au moins aussi interdit que l’accès aux bassins nous conduisent à celui du Cormoran, après une magnifique forêt de bambous. C’était vraiment cool, parce que là, on était tous seuls !

Cassons le mythe du lieu idéal : nous nous sommes fait littéralement dévorer par des moustiques, ce qui me permet de dévoiler ce qu’on a oublié de bien précieux : du répulsif (c’est à se demander à quoi je me suis intéressée pendant ma thèse).

Je vous impose une petite parenthèse entomologique (bon, en vrai, vous pouvez sauter ce paragraphe s’il ne vous inspire pas), histoire de rattraper le coup. Je connais bien certains moustiques, qui sont les anophèles. Anopheles, pour le petit nom latin. Ils peuvent transmettre le paludisme, s’ils sont infectés par le parasite. Ceux-ci, des Aedes, étaient complètement différents (si, si, je vous assure), tant au niveau des couleurs que de l’angle formé entre la tête et le reste du corps. Vous connaissez bien son surnom : c’est le moustique tigre. Il peut véhiculer les virus de la dengue, du chikungunya, Zika, la fièvre jaune. Tout un programme ! Mais pas de panique, ça ne circule (pratiquement) plus ici.

Bref. Se battre contre les moustiques tigres, c’était un peu comme vouloir tuer l’Hydre de Lerne. J’en écrase deux sur mon bras gauche, trois débarquent sur mon bras droit. La lose. Mais bon, je garde mon esprit philosophe. Mes crises d’urticaire sont bien pires. Marcel me demande comment va ma jambe : « C’est gonflé, rouge, et maintenant on a aussi du bleu ». Là-dessus, on s’est rapidement enfuis, direction le repas malgré que nous n’ayons pas vus le troisième bassin, au nom très tentant du bassin Malheur. Ce sera pour une prochaine fois !

Notre premier resto a été suivi d’une après-midi insoutenable : ne rien faire sur la plage du lagon de Saint-Gilles. Ah, si, quand même : aller dans l’eau, observer les poissons (ce sont ici nos photos à nous :D), boire des cocktails au fruit de la passion, regarder les tatouages des gens, choisir entre se mettre sur le ventre ou sur le dos. Retourner dans l’eau, ou attendre encore un peu ? En parlant de l’eau, moi qui mets d’habitude une éternité avant de m’immerger complètement, là j’y suis en moins de 10 secondes tellement elle est chaude…

Une journée paradisiaque !

Voici les dernières photos de cette journée, et surtout ne ratez pas la vidéo que voici !

Delphine

PS : Maman, je rigolais, on avait pas pris du rhum pour la randonnée, mais de l’eau.

 

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